La saveur des ramen….

A la mort de son père, un grand chef japonais, le cuisinier Masato part à Singapour sur les traces de sa mère. Une délicate invitation au voyage.

De Tampopo (1986) aux Délices de Tokyo (2015), on ne compte plus les films faisant honneur à l’art culinaire nippon. Eric Khoo, cinéaste éclectique (Be with me, Hôtel Singapura), vient compléter le tableau, en y ajoutant une touche de Singapour, son pays d’origine. Jeune cuisinier orphelin de mère, Masato travaille au Japon avec son père, un grand chef de ramen (bouillon typique de porc ou de poisson, avec des nouilles), dans un petit restaurant très couru. Le père meurt brutalement. Le fils décide alors de partir à Singapour pour retrouver le goût de certains plats liés à la mémoire de sa mère et de sa grand-mère. Ce périple initiatique l’amène à retrouver un oncle et à réveiller une part sombre et enfouie de l’histoire familiale.

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Plaisirs de gourmets et émotion douce-amère, voilà la recette de ce film simple et attachant, mais non exempt de cruauté : les épisodes relatifs à la Seconde Guerre mondiale et à la violence exercée par l’occupant japonais sur la population de Singapour se révèlent poignants. Sur la spécificité culturelle de ces deux pays, sur leurs liens tendus ou étroits, le film est instructif et sensible, chacun des personnages apportant une pièce au puzzle familial que reconstitue peu à peu Masato. On regrette que la musique soit parfois un peu envahissante. Pour le reste, tant dans la préparation en cuisine que dans la dégustation autour de la table, les mets sont décrits et célébrés comme un langage à part entière, un moyen de découverte, de partage et de réconciliation. On goûte et on commente toutes sortes de saveurs, celle des ramen mais aussi du chili de crabe ou du bak kut teh, soupe très populaire de Singapour. Le tout ouvre grand l’appétit.

So quiet, so beautiful, so love this moment beside you my delictae muse..

 

Publié dans : Cinéma | le 13 octobre, 2018 |Pas de Commentaires »

Les Frères Sisters…

Dans la nuit, des coups de feu au loin. Deux types cernent une maison en tirant à vue. Ce sont eux, les frères Sisters, Charlie et Eli, des tueurs à gages, en train de s’acquitter de leur tâche. Sans pitié, ils arrivent assez vite à leurs fins. Il y a eu plus de grabuge que prévu, mais ils en rient. Eli (John C. Reilly), l’aîné, malgré tout s’assombrit lorsqu’il voit que la grange prend feu et qu’un cheval dévoré par les flammes galope, au comble du supplice. Vision d’horreur. Qu’Eli y soit sensible nous rassure un peu : au moins reste-t-il encore des signes d’humanité.

Ces frères Sisters, patronyme pour le moins désarçon­­nant, sont des cow-boys rugueux qui parlent parfois comme des marquis, prennent grand soin de se couper mutuellement les cheveux et se chamaillent comme des enfants. A l’origine de ces chicaneries se joue sou­­vent une question de pouvoir, de responsabilité, relative à la place de chacun dans la fratrie. C’est le cadet (Joaquin Phoenix), plus impétueux, qui s’est octroyé le rôle de chef. Pourquoi ? Est-il si fort ? Et Eli, est-il si faible ?

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Des éclaircissements viendront, relayés par d’autres questions. La trame des Frères Sisters est ingénieuse. Car l’évolution des frères repose sur leur confrontation avec un autre tandem, très original, dont on suit en parallèle le chemin vers la Californie. Morris (Jake Gyllenhaal) est un détective lettré et soigné, qui tient un journal de bord où il cite Thoreau. Il suit à la trace Warm (Riz Ahmed), un chercheur d’or « à la peau mate et qui mange salement » mais dont la science et l’esprit visionnaire brillent comme les pépites qu’il convoite.

Il y a autant de motifs personnels que de fantaisie dans ce western, qui parvient à décoller vers l’allégorie historique et politique, en évoquant tout à la fois la férocité affairiste d’un magnat de l’ombre (via la figure du Commodore, l’employeur des frères), la ruée vers l’or, mais aussi la soif d’une utopie, le rêve d’une société alternative, pacifiée. Sur l’usage néophyte de la brosse à dents, la découverte ébahie de la grande ville et de ses commodités, le film retrouve la candeur du conte. Un conte tantôt féerique — pure magie que la scène d’apparition de l’or dans la rivière —, tantôt terrifiant : les cauchemars dominés par la monstruosité du père des Sisters.

La patronne de saloon transgenre, la prostituée émotive : les personnages féminins, bien qu’éphémères, sont eux aussi fabuleux. Tant d’un point de vue narratif que plastique, cette aventure est riche, variée, mais sans forfanterie aucune. C’est paradoxalement avec ce film, le plus coûteux qu’il ait jamais tourné, servi par une brochette prestigieuse d’acteurs (tous impeccables), que le cinéaste est peut-être le plus intimiste, le moins spectaculaire. Pas de grand canyon, nulle chevauchée. Mais des petits coins de nature, des sentiments, des personnages à plusieurs facettes, une myriade d’instants à part. Comme celui-ci : la caresse du soleil, un rideau qui bouge, soulevé par un léger vent. La paix elle aussi peut être une sensation forte.

What a great movie, what a delicious moment at twelve and in the afternoon, ily

Publié dans : Cinéma | le 28 septembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Thunder road….

Un film d’une originalité folle orchestré par le cinéaste et acteur Jim Cummings.
Thunder Road s’ouvre sur un hallucinant plan-séquence de dix minutes, très lent travelling avant qui cadre, de plus en plus serré, un flic en uniforme prononçant, dans une église, l’éloge funèbre de sa mère. Il est interprété par Jim Cummings, qui est aussi crédité comme réalisateur, producteur, scénariste et compositeur : un véritable homme-orchestre qui peut rappeler, à certains égards, le tragi-comique (et solitaire) Vincent Gallo.
Ce plan était à l’origine un court-métrage, lauréat du grand prix au festival Sundance en 2016, et il fut refait à l’occasion de cette adaptation en long-métrage. Cummings y est, comme d’ailleurs dans la quasi-totalité des plans suivants, sur le fil, passant d’une émotion à l’autre en un claquement de doigt, semblant s’effondrer sur lui-même de gêne et rebondissant l’instant d’après.
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Une performance burlesque phénoménale 

On ne sait avec certitude s’il joue faux ou non, mais c’est précisément cette indécidabilité qui fascine : le deuil, le rude divorce et la crise existentielle que traverse le personnage le ravagent de l’intérieur, et font de lui cet histrion imprévisible. Sa performance, qu’on peut qualifier sans peine de burlesque, est phénoménale ; et son jeu bizarre vaut mille fois plus que la sacro-sainte justesse psychologique des acteurs professionnels. Il faut le voir hurler, pleurer, rire, danser — et mettre en scène avec une précision redoutable — pour comprendre qu’on tient là une des personnalités les plus originales récemment apparues dans le cinéma indépendant américain.

Wonderful actor for a spécial, original movie beside you my tenderlover. One more moment so quiet, so love, so unforgettable with my pretty melowoman. ily

Publié dans : Cinéma | le 14 septembre, 2018 |Pas de Commentaires »
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