En Liberté !…

Certes, il a parfois obtenu de francs succès — avec Hors de prix et Dans la cour par exemple. Mais il est discret, pas forcément connu du grand public. A tort. On s’obstine à le dire pourtant depuis pas mal d’années : Pierre Salvadori est le meilleur auteur de comédies en France. Entendons-nous bien : on ne parle pas de la comédie franchouillarde qui nivelle vers le bas. Mais de la comédie burlesque, sophistiquée, qui prend très au sérieux le genre, qui fait de l’humour, n’ayons par peur des mots, une philosophie de la vie. Pour preuve, En liberté !, qui a déclenché des rires en cascades dans la salle de la Quinzaine, avant une salve d’applaudissements qui faisait plaisir à entendre, tant cette fois elle ne signifiait pas « Merci de nous avoir donné de la joie » mais plutôt « Merci de croire à notre intelligence de spectateur. »

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L’idée forte, c’est qu’Yvonne, rongée par la culpabilité, se met en tête de retrouver le bel innocent, qui vient de sortir de prison. Leur rencontre provoque une escalade d’épisodes totalement rocambolesque, qui s’appuie sur des quiproquos, l’absurde, le simulacre, le jeu des vérités et des mensonges. Les enjeux sont multiples : être une mère juste (comment dire au fils que son père est un truqueur ?), échapper à la culpabilité, parvenir à dépasser la rancœur et la violence due à l’injustice… En liberté ! est le chassé-croisé ébouriffant de quatre personnages qui ne savent plus vraiment qui ils sont et se font toutes sortes de films.

Dans ce film un peu fou, un type mord les oreilles et les arrache, un couple s’ennivre de déclarations d’amour et de peur, un autre couple braque une bijouterie en tenue SM, un tueur en série tout penaud trimballe avec lui les têtes de ses victimes dans des sacs plastiques mais personne ne s’intéresse à lui… Mené tambour battant, servi par des dialogues poétiques qui glissent tout seul et fusent, En liberté ! est grisant comme du champagne et produit encore plus de magie que ce dernier. Car il nous tend un miroir sur ce que nous sommes : des spectateurs toujours assoiffés d’émotion.

Funny but real life in this nice humour movie beside you, i like when you smile, you laugh, ILY

Publié dans : Cinéma | le 9 novembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Cold War…

C’est lui qui passe à l’Ouest, au début des années 1950, en profitant de la tournée d’une chorale polonaise qu’il dirige. Wiktor (Tomasz Kot) a le courage de fuir, alors que Zula (Joanna Kulig) non. Mais si elle ne vient pas au rendez-vous qu’il lui a fixé, c’est peut-être parce qu’elle devine que son absence est exactement ce qu’il attend… Après, ils ne feront plus que se rejoindre pour se quitter encore. Zula, devenue la star de son groupe folklorique, se marie avec un étranger de passage pour pouvoir traverser les frontières et rejoindre Wiktor à Paris, où il est arrangeur musical. Et lorsqu’elle le quitte, insatisfaite d’elle, d’eux, c’est Wiktor, maso, cinglé, inconscient, qui s’en retourne en Pologne se jeter dans la gueule du loup… « Ni avec toi, ni sans toi », disait François Truffaut dans La Femme d’à côté« Ni près, ni loin de toi », semble, en écho, répondre Pawel Pawlikowski.

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Dans Ida (2013), énorme succès inattendu, il filmait en cadrages géométriques des personnages hors normes dans une Pologne grise et somnolente… Il se sert à nouveau – et magnifiquement – du noir et blanc dans Zimna voïna (Cold War) : au gris terne des scènes polonaises succède le velouté sombre, presque violent de la boîte parisienne où joue Wiktor et où, durant un temps, se produira Zula. Le jazz, pour le cinéaste, est, visiblement, le symbole de la norme transgressée, de l’oppression vaincue.

Les mises en scène de Pawel Pawlikowski sont toutes belles et graves, elliptiques (ne rien révéler sinon l’indispensable) et intenses sous leur apparente distance. Les femmes en sont toujours l’âme.De Joanna Kulig, il fait un personnage inouï qui, dès le départ, provoque, suscite le rejet : n’a-t-elle pas presque tué son père dans un accès de colère ? « C’est parce qu’il n’avait que trop tendance à me confondre avec sa femme », se justifie-t-elle…Tout au long des ans et des rencontres avec Wiktor, c’est elle qui incarne la révolte. La colère. Puis la lassitude devant un monde peuplé d’hypocrites et de lâches. Devant une société envoyant dans des camps tous les gêneurs qu’elle fait passer pour des « sociaux- traîtres ». A commencer par les artistes, qui le sont toujours, par définition. C’est évidemment ce passé douloureux bien connu de ses parents (le film leur est dédié) que recrée Pawel Pawlikowski, sous le masque d’un mélo à l’ancienne. Et l’on s’émeut, et l’on frissonne devant le sort de ces pauvres amants qui vont droit vers un destin qu’ils connaissent, acceptent et désirent.

Wonderful, marvellous love story as our, ILY (great B.O look)

Publié dans : Cinéma | le 2 novembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Olafur Arnalds…

Ólafur Arnalds est un musicien et producteur islandais, né le 3 novembre 1986 à Mosfellsbær. Multi-instrumentiste. Artiste prodige et précoce, il fait ses premiers pas musicaux dès l’âge de 5 ans. A 14 printemps, il dévoile des goûts et aptitudes particuliers pour la musique classique et les bande-originales de films. Pendant sa post-adolescence, il s’inspire de son Islande natale (et notamment la ville de Mosfellsbær à quelques kilomètres de Reykjavik) pour composer et créé alors la majeure partie des morceaux qui se retrouveront en 2007 sur son premier album : Eulogy for evolution. De cette Islande dont toute une myriade de musiciens surdoués nous renvoient régulièrement les échos soniques d’une beauté panoramique épurée et ataraxique (Björk, Sigur Ros, Of Monsters And Men, Sóley, Múm et consorts…), Olafur Arnalds n’est pas le moindre des génies.

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On cède alors à la curiosité et on se laisse instantanément envoûter par « 0040″ (tous les morceaux d’Eulogy for evolution sont identifiés par une série de chiffres…). Cordes célestes, mélodies scintillantes, quelques accords de piano qui courent le long de notre épiderme, cajolant notre âme et libérant un fluide harmonique qui génère en nous des émotions troublantes (« 0048/0729″), on est déjà sous le charme. « Classique » d’inspiration, moderne de part son écriture, (les deux notions n’étant définitivement pas incompatibles), ce disque est un peu le fantasme de tout mélomane désireux de rester en prise directe avec le réel, de ne pas sans cesse avoir l’esprit tourné vers le passé. Des compositions au souffle mélodique d’un Anton Dvorák, des panoramas musicaux sur lesquels l’association piano-violons fait des merveilles, renvoyant à la contemplation des paysages enneigés de son Islande natale, Olafur Arnalds fait dès son premier essai preuve d’une maturité ahurissante et démontre sans l’ombre d’un doute que les échos plus que flatteurs qui enveloppent sa musique n’ont rien d’usurpés. Ce piano qui nous plonge dans un cocon émotionnel sur « 1440″ malgré quelques esquisses mélodiques parfois naïves (il faut bien trouver quelques défauts…), ces crescendo passionnels qui enflamment « 1953″, cette sensibilité à fleur de peau qui marque les esprits sur « 3055″ où Olafur s’essaye au post-rock dynamique avec une élégance rare, tout ou presque est ici mesuré, porté par une écriture à la fois intimiste et fiévreuse.

So, so wonderful, ILYP

Publié dans : Concert | le 30 octobre, 2018 |Pas de Commentaires »
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