Wild Life….

« Je sens que je dois me réveiller. Mais de quoi ? » lâche la mère fatiguée, à son fils unique, Joe, 14 ans. Ce dernier assiste, impuissant, à la lente désagrégation de la cellule familiale, un petit paradis dont il était jusque-là le centre. Entre ses parents, Jeanette (Carey Mulligan) et Jerry (Jake Gyllenhaal), ça ne va plus fort. Le père, prof de golf, a été viré. Il peine à retrouver du boulot, s’enfonce dans une déprime larvée et décide d’un coup de partir plusieurs mois pour une mission dangereuse. Il rejoint, pour un salaire de misère, cette cohorte d’apprentis pompiers qu’on recrute dans la région, pour éteindre les incendies ravageurs, malédiction de cet été 1960.

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Son film est l’adaptation d’un roman, La Saison ardente, de Richard Ford. Un grand écrivain de la désespérance paisible, dont l’esprit imprègne ce film sensible, posé, où chaque personnage se débat dans un marasme. Confusion intérieure, solitude, frustration, tous ces grands maux sont ici décrits par petites touches. Le regard passe par Joe (Ed Oxenbould, attachant d’intelligence discrète, découvert dans The Visit de M. Night Shyamalan), adolescent éveillé, un peu renfermé peut-être, qui semble souvent bien plus mûr que ses parents. C’est un fils « exposé », au malaise : ses parents l’aiment mais pas si bien, règlent leur compte devant lui, le mettent trop facilement dans la confidence.

Cette impudeur qui ne dit pas son nom, c’est sans doute ce qu’il y a de plus sagace dans ce récit patient autour d’un passage à l’âge adulte, d’autant plus délicat que le modèle parental vacille. L’instabilité, le lien sportif avec le père qui s’étiole, les frasques de la mère, le risque d’un nouveau déménagement, la menace des incendies dans cette belle région du Montana (filmée aussi par Kelly Reichardt, dans Certaines femmes), tout cela concourt à une atmosphère troublante. La mise en scène de Paul Dano est rigoureuse, un peu scolaire peut-être parfois. N’empêche : Wildlife exerce une forme d’emprise lente, de suspension entre le tumulte et l’harmonie, qu’on savoure très volontiers.

It’s exactly what you told me after the end of the movie.Delicious and love moment as usual beside you

Publié dans : Cinéma | le 21 décembre, 2018 |Pas de Commentaires »

Les Héritières…

Au Paraguay, une dame qui perd d’un coup sa fortune et sa compagne de toujours renaît à la vie au volant d’un taxi. Un premier film émouvant.

Collectionnant les prix dans les festivals internationaux, ce premier long métrage d’un natif du Paraguay séduit par son mélange de classicisme intemporel et de réalisme très actuel. Dans une maison d’Asunción, la vieille Chela (Ana Brun, Prix d’interprétation à la Berlinale) voit disparaître les souvenirs d’un passé glorieux et protecteur. Meubles, argenterie, tableaux, tout est à vendre, c’est la ruine. Même Chiquita, la femme avec laquelle Chela a passé sa vie, doit partir, accusée de fraude et envoyée en prison.

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Histoire d’une dépossession, Les Héritières met en lumière la beauté fanée d’une vie aristocratique devenue fantomatique. Cette atmosphère rappelle la douceur tragique des romans de Stefan Zweig, souvent adaptés au cinéma (Lettre d’une inconnue, Vingt-Quatre Heures de la vie d’une femme). Comme les héroïnes de l’écri­vain, Chela se tient à l’écart de la vraie vie, et son destin finit par lui glisser entre les mains…Dans cet univers délicat et rétro, le réalisateur fait surgir la cocasserie du chaos d’aujourd’hui, où Chela est bien obligée de se risquer en se rendant à la prison, puis en s’improvisant chauffeur de taxi pour ses amies, grandes bourgeoises stylées d’un kitsch réjouissant. Prendre le volant, c’est, bien sûr, avancer sur le chemin de l’autonomie, de l’indépendance. Mais dans ce portrait d’une femme qui s’affirme, le réalisateur maintient le doute. Car le cœur de Chela se met à battre pour une de ses passagères, d’une manière insensée. Est-elle en train de continuer à tout perdre, jusqu’à la raison, ou de retrouver une raison de vivre ? Un frisson traverse tout ce film émouvant, à la fois mélancolique et passionné.

You make me lost my reason, so much ily..

Publié dans : Cinéma | le 30 novembre, 2018 |Pas de Commentaires »

En Liberté !…

Certes, il a parfois obtenu de francs succès — avec Hors de prix et Dans la cour par exemple. Mais il est discret, pas forcément connu du grand public. A tort. On s’obstine à le dire pourtant depuis pas mal d’années : Pierre Salvadori est le meilleur auteur de comédies en France. Entendons-nous bien : on ne parle pas de la comédie franchouillarde qui nivelle vers le bas. Mais de la comédie burlesque, sophistiquée, qui prend très au sérieux le genre, qui fait de l’humour, n’ayons par peur des mots, une philosophie de la vie. Pour preuve, En liberté !, qui a déclenché des rires en cascades dans la salle de la Quinzaine, avant une salve d’applaudissements qui faisait plaisir à entendre, tant cette fois elle ne signifiait pas « Merci de nous avoir donné de la joie » mais plutôt « Merci de croire à notre intelligence de spectateur. »

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L’idée forte, c’est qu’Yvonne, rongée par la culpabilité, se met en tête de retrouver le bel innocent, qui vient de sortir de prison. Leur rencontre provoque une escalade d’épisodes totalement rocambolesque, qui s’appuie sur des quiproquos, l’absurde, le simulacre, le jeu des vérités et des mensonges. Les enjeux sont multiples : être une mère juste (comment dire au fils que son père est un truqueur ?), échapper à la culpabilité, parvenir à dépasser la rancœur et la violence due à l’injustice… En liberté ! est le chassé-croisé ébouriffant de quatre personnages qui ne savent plus vraiment qui ils sont et se font toutes sortes de films.

Dans ce film un peu fou, un type mord les oreilles et les arrache, un couple s’ennivre de déclarations d’amour et de peur, un autre couple braque une bijouterie en tenue SM, un tueur en série tout penaud trimballe avec lui les têtes de ses victimes dans des sacs plastiques mais personne ne s’intéresse à lui… Mené tambour battant, servi par des dialogues poétiques qui glissent tout seul et fusent, En liberté ! est grisant comme du champagne et produit encore plus de magie que ce dernier. Car il nous tend un miroir sur ce que nous sommes : des spectateurs toujours assoiffés d’émotion.

Funny but real life in this nice humour movie beside you, i like when you smile, you laugh, ILY

Publié dans : Cinéma | le 9 novembre, 2018 |Pas de Commentaires »
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