Tel Aviv on Fire….

Le héros de  jeune stagiaire palestinien sur le tournage d’une série israélienne, doit franchir deux fois par jour un check point. Il y croise un officier israélien, à qui il fait croire qu’il est le scénariste. Si bien que le gradé va lui soumettre quelques idées pour améliorer des intrigues d’une ringardise achevée et mettre Israël davantage à l’honneur. Le faux scénariste (joué par Kais Nashif, vu dans Paradise Now et célébré à Venise pour sa prestation) se laisse piéger par le soldat (incarné par Yaniv Biton, star du stand-up en Israël). Leurs discussions passionnées sont surréalistes. L’officier va même jusqu’à enlever le jeune homme et le menacer de mort pour qu’il fasse évoluer l’intrigue du feuilleton comme il le souhaite. Et à se faire offrir du houmous par le scénariste qu’il tient en son pouvoir.

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Sameh Zoabi jongle entre la réalité des personnages et la fiction qu’ils écrivent. Des scènes du soap opera ridicule sur les amours d’une espionne israélienne (Lubna Azabal) et d’un officier arabe sont un pastiche hilarant de ce type de productions de feuilletons tartignolles. Jeu outrancier des acteurs, couleurs kitsch et musique grandiloquente empêchent de garder son sérieux. Voir les inventions crétines de l’officier, notamment une scéne de mariage à laquelle il tient beaucoup, est irrésistible. Le réalisateur de Téléphone arabe a trouvé l’équilibre parfait entre suspense et humour noir. Le spectateur tremble pour le scénariste et se demande bien comment il va composer entre son oncle producteur de la série et l’officier qui a confisqué son passeport. Le dénouement (qu’on ne révélera évidemment pas) est un des plus malins vus depuis longtemps. « N’y a-t-il rien entre les bombes et la soumission ? » demande le héros. Si, il y a Tel Aviv on Fire qui choisit le parti du rire pour réconcilier les peuples.

So amazing movie, so nice diner, afternoon and coffee with you my tenderlover, ily

 

 

Publié dans : Cinéma | le 5 avril, 2019 |Pas de Commentaires »

Dhafer Youssef….

L’olivier qui chante la revanche du roseau

Subjugué fut le public de Jazz à la Villette, au concert de Dhafer Youssef. En ce 2 septembre, le chanteur, joueur d’oud, auteur et compositeur présente son album Sounds of Mirrors. Dès la pièce introductive, Humankind, dédiée à l’humanité dans son entièreté, on est hypnotisé par la force de cette infinie douceur qui s’élève avec lenteur, comme l’aurore. Le chant de Dhafer Youssef monte au ciel à la manière d’une complainte pour la paix, et culmine jusqu’en des hauteurs vertigineuses, que lui permet sa voix de tête. Il atteint des notes aiguës que peu de vocalistes parviennent à exécuter. Dès l’enfance, il a appris, auprès de son grand-père muezzin, les arcanes de l’appel à la prière et ses vocalises complexes. Chez lui, la recherche spirituelle relève moins de l’approche religieuse que de la quête philosophique. Dhafer Youssef nous explique : « Je tente de communiquer avec le public à travers une spiritualité profane, laïque, dirais-je même, qui respecte les convictions de chacun. »

Des improvisateurs capables d’enfanter le miracle de l’instant

La magie a immédiatement opéré, ce fameux soir à Jazz à la Villette, alors que les quatre complices avaient répété pour la première fois ensemble dans l’après-midi ! Seuls les immenses improvisateurs sont capables d’enfanter le miracle de l’instant. « J’ai baptisé mon album Sounds of Mirrors, parce que, avec ces musiciens, l’échange me semble télépathique. J’ai l’impression que l’humanité de chacun de nous est le reflet d’un même miroir. » La guitare tisse d’insolites atmosphères, les percussions nous emportent dans une chevauchée fantastique, la clarinette soulève à fleur de souffle un swing voluptueux. Dhafer Youssef, à l’oud, épand des perles de sirocco, comme pour consoler l’olivier dont la mélopée dit, à travers les arabesques du chanteur, la désolation des peuples qu’enserrent, lacèrent les guerres des puissants.

Dhafer2     Lien vidéo

Le natif de Téboulba – cité côtière du Sahel tunisien – rend hommage à des poètes soufis, à des philosophes éclairés et, tout simplement, aux anonymes qui, à travers la planète, aspirent à une existence meilleure. « L’intolérance, qui partout se dresse, me blesse intimement. Je me considère comme un immigré culturel. Mon âme pleure pour les migrants condamnés à errer sur la mer Méditerranée, que transforme en tombeau à ciel ouvert le cœur fermé de nombreux gouvernants. Moi qui ai une merveilleuse petite fille de 6 mois, j’ai vu des bébés morts sur des embarcations, c’est l’horreur. » À la tête d’un groupe réunissant des musiciens d’Europe, d’Afrique et d’Asie, Dhafer Youssef célèbre la vie et le vin, l’ivresse autant qu’une âpre résistance. Il est l’olivier qui chante l’esprit et le cri, la revanche du roseau.

Maybe the most biutiful concert we have seen. A so wonderful moment beside you, ily

Publié dans : Concert | le 28 mars, 2019 |Pas de Commentaires »

Les Témoins de Lendsdorf….

Reprenant le credo du monumental Shoah de Claude Lanzmann, ce premier long métrage parvient par le truchement de la fiction à interroger la mémoire. Yoel est un historien israélien qui enquête de nos jours sur un massacre de juifs durant la Seconde Guerre mondiale aux abords d’un village autrichien. Ce combat de toute une vie est toutefois soumis à un ultimatum lorsque la municipalité dudit village entend effectuer des travaux de construction, empêchant le chercheur de localiser la fosse – jusqu’ici introuvable – où les corps des victimes ont été enterrés.

À partir d’une trame classique du film-enquête, le réalisateur israélien, Amichai Greenberg, parvient avec sobriété et sérieux à dresser le portrait d’un homme obnubilé par sa mission au point de se confondre avec elle. Seul contre tous, y compris face à l’Histoire qui masque ses preuves, le chercheur (Ori Pfeffer, méconnaissable et formidable) se retrouve bientôt confronté à la fragilité de sa propre identité suite à une révélation (dont nous ne vous dévoilerons rien) qui ajoute à la confusion.

 

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Mais puisque tout semble se dérober, c’est un puzzle qu’il faut reconstruire, pièce après pièce, pour mettre à jour la preuve manquante. Voir ainsi le personnage principal au fond d’un labyrinthe de tranchées qu’il a lui-même fait creuser offre l’expression saisissante et mentale d’une raison en ébullition. Ce film jamais théorique reste efficace de bout en bout. Une très belle réussite.

A page of history .You are the witness of my love’s heart, ily

Publié dans : Cinéma | le 22 mars, 2019 |Pas de Commentaires »
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