Archive pour la catégorie 'Un jour une oeuvre'

Jacques Prévert…poésie unique

Jacques Prévert est un poète et scénariste français, né le 4 février 1900 à Neuilly-sur-Seine, et mort le 11 avril 1977 à Omonville-la-Petite (Manche). Auteur d’un premier succès, le recueil de poèmes, Paroles, il devint un poète populaire grâce à son langage familier et à ses jeux sur les mots. Ses poèmes sont depuis lors célèbres dans le monde francophone et massivement appris dans les écoles françaises. Il a également écrit des scénarios pour le cinéma où il est un des artisans du réalisme poétique.

prevert-doisneau

Page d’écriture

Jacques PRÉVERT
Recueil : « Paroles »

Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize…
Répétez! dit le maître
Deux et deux quatre
quatre et quatre huit
huit et huit font seize.
Mais voilà l’oiseau-lyre
qui passe dans le ciel
l’enfant le voit
l’enfant l’entend
l’enfant l’appelle:
Sauve-moi
joue avec moi
oiseau!
Alors l’oiseau descend
et joue avec l’enfant
Deux et deux quatre…
Répétez! dit le maître
et l’enfant joue
l’oiseau joue avec lui…
Quatre et quatre huit
huit et huit font seize
et seize et seize qu’est-ce qu’ils font?
Ils ne font rien seize et seize
et surtout pas trente-deux
de toute façon
et ils s’en vont.
Et l’enfant a caché l’oiseau
dans son pupitre
et tous les enfants
entendent sa chanson
et tous les enfants
entendent la musique
et huit et huit à leur tour s’en vont
et quatre et quatre et deux et deux
à leur tour fichent le camp
et un et un ne font ni une ni deux
un à un s’en vont également.
Et l’oiseau-lyre joue
et l’enfant chante
et le professeur crie:
Quand vous aurez fini de faire le pitre!
Mais tous les autres enfants
écoutent la musique
et les murs de la classe
s’écroulent tranquillement.
Et les vitres redeviennent sable
l’encre redevient eau
les pupitres redeviennent arbres
la craie redevient falaise
le porte-plume redevient oiseau.

 

Publié dans:Un jour une oeuvre |on 11 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

Nighthawks…

Nighthawks, Edward Hopper

C’est l’une des peintures les plus présentes dans notre inconscient collectif. Elle est à tort ou à raison le reflet d’une certaine idée de l’Amérique et du XXème siècle. Détournée, parodiée, copiée. Sombre sort ou hommage des images qui ont poussé les lourdes portes de la Postérité.

Nighthawks, les oiseaux de nuits. Peint en 1942 par Edward Hopper, ce dernier dit s’être inspiré d’un lieu existant à New York. Si nous ne doutons pas être en Amérique, la toile s’extrait tout de même, par sa composition, de toute coordonnée géographique précise. Comme le cliché d’un désert, le but n’est pas l’endroit mais l’atmosphère qui s’en dégage. Le lieu se suffit à lui même, il est Royaume d’une contradiction contemporaine : celle de la quiétude et de l’inquiétude.

La scène se passe en pleine nuit, rue déserte, obscurité extérieure en contraste avec l’agressive lumière jaune d’un « diner » éventré par son impressionnante vitrine. Trois personnages sont accoudés au comptoir derrière lequel s’affaire un serveur en uniforme blanc. La toile est marquée par différentes dimensions impénétrables. Il y a d’abord cette immense baie vitrée, presque un écrin aux acteurs de l’action. Elle laisse filtrer la vue mais aucun son : silence pesant de la rue aux heures les plus avancées de la nuit. Puis il y a la façade des personnages. Eux mêmes absents du décors tant ils paraissent absorbés par leur pensées.

Comme si Hopper nous laissait la lourde tâche de traverser ces couches successives et froides afin d’en démêler les drames et les silences. Entrez dans ce restaurant, dans ces esprits absorbés et voyez.

nighthawks

Publié dans:Un jour une oeuvre |on 8 janvier, 2014 |Pas de commentaires »
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