Archive pour la catégorie 'Cinéma'

Les Héritières…

Au Paraguay, une dame qui perd d’un coup sa fortune et sa compagne de toujours renaît à la vie au volant d’un taxi. Un premier film émouvant.

Collectionnant les prix dans les festivals internationaux, ce premier long métrage d’un natif du Paraguay séduit par son mélange de classicisme intemporel et de réalisme très actuel. Dans une maison d’Asunción, la vieille Chela (Ana Brun, Prix d’interprétation à la Berlinale) voit disparaître les souvenirs d’un passé glorieux et protecteur. Meubles, argenterie, tableaux, tout est à vendre, c’est la ruine. Même Chiquita, la femme avec laquelle Chela a passé sa vie, doit partir, accusée de fraude et envoyée en prison.

Herit2 Herit1   Lien vidéo

Histoire d’une dépossession, Les Héritières met en lumière la beauté fanée d’une vie aristocratique devenue fantomatique. Cette atmosphère rappelle la douceur tragique des romans de Stefan Zweig, souvent adaptés au cinéma (Lettre d’une inconnue, Vingt-Quatre Heures de la vie d’une femme). Comme les héroïnes de l’écri­vain, Chela se tient à l’écart de la vraie vie, et son destin finit par lui glisser entre les mains…Dans cet univers délicat et rétro, le réalisateur fait surgir la cocasserie du chaos d’aujourd’hui, où Chela est bien obligée de se risquer en se rendant à la prison, puis en s’improvisant chauffeur de taxi pour ses amies, grandes bourgeoises stylées d’un kitsch réjouissant. Prendre le volant, c’est, bien sûr, avancer sur le chemin de l’autonomie, de l’indépendance. Mais dans ce portrait d’une femme qui s’affirme, le réalisateur maintient le doute. Car le cœur de Chela se met à battre pour une de ses passagères, d’une manière insensée. Est-elle en train de continuer à tout perdre, jusqu’à la raison, ou de retrouver une raison de vivre ? Un frisson traverse tout ce film émouvant, à la fois mélancolique et passionné.

You make me lost my reason, so much ily..

Publié dans:Cinéma |on 30 novembre, 2018 |Pas de commentaires »

En Liberté !…

Certes, il a parfois obtenu de francs succès — avec Hors de prix et Dans la cour par exemple. Mais il est discret, pas forcément connu du grand public. A tort. On s’obstine à le dire pourtant depuis pas mal d’années : Pierre Salvadori est le meilleur auteur de comédies en France. Entendons-nous bien : on ne parle pas de la comédie franchouillarde qui nivelle vers le bas. Mais de la comédie burlesque, sophistiquée, qui prend très au sérieux le genre, qui fait de l’humour, n’ayons par peur des mots, une philosophie de la vie. Pour preuve, En liberté !, qui a déclenché des rires en cascades dans la salle de la Quinzaine, avant une salve d’applaudissements qui faisait plaisir à entendre, tant cette fois elle ne signifiait pas « Merci de nous avoir donné de la joie » mais plutôt « Merci de croire à notre intelligence de spectateur. »

Liberte1      Lien vidéo

Liberte2 Liberte3

L’idée forte, c’est qu’Yvonne, rongée par la culpabilité, se met en tête de retrouver le bel innocent, qui vient de sortir de prison. Leur rencontre provoque une escalade d’épisodes totalement rocambolesque, qui s’appuie sur des quiproquos, l’absurde, le simulacre, le jeu des vérités et des mensonges. Les enjeux sont multiples : être une mère juste (comment dire au fils que son père est un truqueur ?), échapper à la culpabilité, parvenir à dépasser la rancœur et la violence due à l’injustice… En liberté ! est le chassé-croisé ébouriffant de quatre personnages qui ne savent plus vraiment qui ils sont et se font toutes sortes de films.

Dans ce film un peu fou, un type mord les oreilles et les arrache, un couple s’ennivre de déclarations d’amour et de peur, un autre couple braque une bijouterie en tenue SM, un tueur en série tout penaud trimballe avec lui les têtes de ses victimes dans des sacs plastiques mais personne ne s’intéresse à lui… Mené tambour battant, servi par des dialogues poétiques qui glissent tout seul et fusent, En liberté ! est grisant comme du champagne et produit encore plus de magie que ce dernier. Car il nous tend un miroir sur ce que nous sommes : des spectateurs toujours assoiffés d’émotion.

Funny but real life in this nice humour movie beside you, i like when you smile, you laugh, ILY

Publié dans:Cinéma |on 9 novembre, 2018 |Pas de commentaires »

Cold War…

C’est lui qui passe à l’Ouest, au début des années 1950, en profitant de la tournée d’une chorale polonaise qu’il dirige. Wiktor (Tomasz Kot) a le courage de fuir, alors que Zula (Joanna Kulig) non. Mais si elle ne vient pas au rendez-vous qu’il lui a fixé, c’est peut-être parce qu’elle devine que son absence est exactement ce qu’il attend… Après, ils ne feront plus que se rejoindre pour se quitter encore. Zula, devenue la star de son groupe folklorique, se marie avec un étranger de passage pour pouvoir traverser les frontières et rejoindre Wiktor à Paris, où il est arrangeur musical. Et lorsqu’elle le quitte, insatisfaite d’elle, d’eux, c’est Wiktor, maso, cinglé, inconscient, qui s’en retourne en Pologne se jeter dans la gueule du loup… « Ni avec toi, ni sans toi », disait François Truffaut dans La Femme d’à côté« Ni près, ni loin de toi », semble, en écho, répondre Pawel Pawlikowski.

Cold1

Cold2     Lien vidéo

Dans Ida (2013), énorme succès inattendu, il filmait en cadrages géométriques des personnages hors normes dans une Pologne grise et somnolente… Il se sert à nouveau – et magnifiquement – du noir et blanc dans Zimna voïna (Cold War) : au gris terne des scènes polonaises succède le velouté sombre, presque violent de la boîte parisienne où joue Wiktor et où, durant un temps, se produira Zula. Le jazz, pour le cinéaste, est, visiblement, le symbole de la norme transgressée, de l’oppression vaincue.

Les mises en scène de Pawel Pawlikowski sont toutes belles et graves, elliptiques (ne rien révéler sinon l’indispensable) et intenses sous leur apparente distance. Les femmes en sont toujours l’âme.De Joanna Kulig, il fait un personnage inouï qui, dès le départ, provoque, suscite le rejet : n’a-t-elle pas presque tué son père dans un accès de colère ? « C’est parce qu’il n’avait que trop tendance à me confondre avec sa femme », se justifie-t-elle…Tout au long des ans et des rencontres avec Wiktor, c’est elle qui incarne la révolte. La colère. Puis la lassitude devant un monde peuplé d’hypocrites et de lâches. Devant une société envoyant dans des camps tous les gêneurs qu’elle fait passer pour des « sociaux- traîtres ». A commencer par les artistes, qui le sont toujours, par définition. C’est évidemment ce passé douloureux bien connu de ses parents (le film leur est dédié) que recrée Pawel Pawlikowski, sous le masque d’un mélo à l’ancienne. Et l’on s’émeut, et l’on frissonne devant le sort de ces pauvres amants qui vont droit vers un destin qu’ils connaissent, acceptent et désirent.

Wonderful, marvellous love story as our, ILY (great B.O look)

Publié dans:Cinéma |on 2 novembre, 2018 |Pas de commentaires »
1...34567...37

Theyounglife |
thegoodcritic |
Flamenco y Co... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Restructuration d'Espa...
| Festival Ado #5
| Histoiredelartedna