Archive pour la catégorie 'Cinéma'

The Mule…

Eastwood ne porte donc plus le flingue mais la fleur — le lys, en particulier, qu’il cultive en champion. Mais sa petite entreprise, hier florissante, est menacée de saisie. Seul, brutalement à court d’argent, il accepte de faire le chauffeur pour transporter une cargaison illicite dont, au ­début, il ignore (ou feint d’ignorer) le contenu. La livraison, très rentable, se déroule si bien que le cartel mexicain l’ayant recruté fait de nouveau appel à lui. Passeur de drogue (« mule ») idéal, à même d’éloigner tout soupçon de la police, le vieil homme devient une sorte de mascotte. Les moments où on le voit blaguer avec les jeunes trafiquants chicanos, leur demander conseil sur la manière d’envoyer les textos, ne manquent pas de piquant.

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Quelle route le curieux papy ­emprunte-t-il ? Quels Etats traverse-t-il ? Combien de kilomètres ? Ce road movie tendre et picaresque, inspiré d’une histoire vraie, ne le dit pas. Mais il montre souvent Earl dans ses multiples trajets, au volant de son vieux pick-up puis d’un 4 x 4 flambant neuf, prenant un plaisir manifeste à simplement rouler en écoutant de la bonne musique — de Dean Martin à Hank Snow, la BO est un régal de ballades jazzy ou de musique country… Il y a quelque chose de très savoureux à voir ce retraité échapper aux catégories, brouiller les pistes. Et semer la zizanie. Il fait comme bon lui semble, ne respecte aucune consigne de prudence, prend des chemins de traverse.

Baroud d’honneur d’un homme qui essaie de se racheter, La Mule s’avère, au fil des kilomètres avalés, moins ­léger qu’il n’en a l’air. Son argent gagné, Earl ne l’engrange point, mais le donne sans compter, à ses amis vétérans comme à sa famille. Il faut dire que le temps est compté, que la mort rôde. Tous ses déplacements ­incessants ressemblent à une sorte de purgatoire. Earl n’attend qu’une chose, au fond : l’arrêt de cette dérobade que sa vie a été, pour pouvoir ­enfin se réconcilier avec les siens et avec lui-même.

I know i am the happiness and the surfer of your life, but ily so much..

Publié dans:Cinéma |on 25 janvier, 2019 |Pas de commentaires »

In my room…

Plongeant dans la science-fiction, le film suit d’abord son personnage principal, Armin, un caméraman quadragénaire un peu inadapté à son environnement, dans une Allemagne très réaliste avant d’en faire le dernier survivant de l’humanité dans une seconde partie de fiction post-apocalyptique.Le cinéaste montre un talent sûr pour tisser, au travers des sensations élaborées par la mise en scène, toute une série de liens logiques entre les nombreux thèmes qu’explore le film.

Avant et après cette catastrophe qui laisse Armin seul sur terre, In My Room parle de politique : quelle vie dans le capitalisme ? comment survivre seul ? ; des générations : faut-il reproduire l’espèce quand Armin, le dernier homme, rencontre finalement Kirsi, la dernière femme du film ? quels rapports entre les membres de la famille ? ; des relations entre les humains et les animaux ; de la vitesse et de la lenteur ; de la disparition : celle de l’humanité et de celle d’un être aimé. Ces questions seront incarnées à travers une série de plans s’adressant autant aux sens qu’à l’intellect du spectateur : le vertige d’une dernière virée automobile en plan subjectif ; une femme traversant fusil dans son dos un champ aux grandes fleurs ; un reportage télé raté au parlement allemand ; un animal sauvage surgissant dans la nuit ; un homme à cheval ; une autoroute habitée par des porcs.

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Refusant d’adopter presque systématiquement le point de vue de son personnage pour éviter l’identification à un héros survivaliste, la mise en scène fait une large place à de longs plans patiemment construits. In My Room ne fait de ses personnages ni des héros tragiques ni des modèles et pas plus les porteurs d’un discours. Avec une ironie délicate qui caractérisait déjà ses films précédents, le cinéaste les plonge dans une situation extraordinaire qui leur permet de remettre à plat les questions auxquelles ils ont été confrontés avant la catastrophe. Il propose au spectateur d’expérimenter avec eux à travers images et sons, où les trois langues des personnages, allemand, italien, anglais, créent un babélisme troublant, ce nouvel univers où ils sont devenus maîtres du monde et où il faut tout inventer.

On the road again with you, beautiful moment, ily, ild, taf..

Publié dans:Cinéma |on 18 janvier, 2019 |Pas de commentaires »

Wild Life….

« Je sens que je dois me réveiller. Mais de quoi ? » lâche la mère fatiguée, à son fils unique, Joe, 14 ans. Ce dernier assiste, impuissant, à la lente désagrégation de la cellule familiale, un petit paradis dont il était jusque-là le centre. Entre ses parents, Jeanette (Carey Mulligan) et Jerry (Jake Gyllenhaal), ça ne va plus fort. Le père, prof de golf, a été viré. Il peine à retrouver du boulot, s’enfonce dans une déprime larvée et décide d’un coup de partir plusieurs mois pour une mission dangereuse. Il rejoint, pour un salaire de misère, cette cohorte d’apprentis pompiers qu’on recrute dans la région, pour éteindre les incendies ravageurs, malédiction de cet été 1960.

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Son film est l’adaptation d’un roman, La Saison ardente, de Richard Ford. Un grand écrivain de la désespérance paisible, dont l’esprit imprègne ce film sensible, posé, où chaque personnage se débat dans un marasme. Confusion intérieure, solitude, frustration, tous ces grands maux sont ici décrits par petites touches. Le regard passe par Joe (Ed Oxenbould, attachant d’intelligence discrète, découvert dans The Visit de M. Night Shyamalan), adolescent éveillé, un peu renfermé peut-être, qui semble souvent bien plus mûr que ses parents. C’est un fils « exposé », au malaise : ses parents l’aiment mais pas si bien, règlent leur compte devant lui, le mettent trop facilement dans la confidence.

Cette impudeur qui ne dit pas son nom, c’est sans doute ce qu’il y a de plus sagace dans ce récit patient autour d’un passage à l’âge adulte, d’autant plus délicat que le modèle parental vacille. L’instabilité, le lien sportif avec le père qui s’étiole, les frasques de la mère, le risque d’un nouveau déménagement, la menace des incendies dans cette belle région du Montana (filmée aussi par Kelly Reichardt, dans Certaines femmes), tout cela concourt à une atmosphère troublante. La mise en scène de Paul Dano est rigoureuse, un peu scolaire peut-être parfois. N’empêche : Wildlife exerce une forme d’emprise lente, de suspension entre le tumulte et l’harmonie, qu’on savoure très volontiers.

It’s exactly what you told me after the end of the movie.Delicious and love moment as usual beside you

Publié dans:Cinéma |on 21 décembre, 2018 |Pas de commentaires »
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