Archive pour la catégorie 'Cinéma'

Rendez vous à Kiruna…

Le périple suédois d’un père pour reconnaître le cadavre d’un fils qu’il n’a pas connu.
Ernest, architecte ronchon workaholic, prend la route pour le pays d’Ikea et de Peter von Poehl pour y reconnaître le cadavre d’un fils qu’il n’a jamais connu. Au fil du voyage, il va s’ouvrir, se dégeler. Comme pour tout bon road-movie, le surplace et les détours sont indispensables, au gré de rencontres avec un jeune auto-stoppeur, des motards, un commissaire de police. Autant de miroirs mis sous son nez pour le diffracter, saisir le portrait de messieurs déboussolés, gauches avec le monde entier, tous doubles d’Ernest.

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Des silences, des regards longs de types perdus, un Darroussin adroit qui passe joliment sa rédemption au filtre d’une résignation apaisée quant à ses occasions ratées : le film a tout du crépuscule mais se passe en plein jour. Ce charmant Rendez-vous à Kiruna se déroule sous un soleil de minuit bienveillant. On attend de voir si Anna Novion sera tentée par la nuit polaire dans ses prochains films.

Publié dans:Cinéma |on 3 février, 2014 |Pas de commentaires »

Alabama Monroe…

Didier, ancien punk, joue du banjo dans un groupe de bluegrass et est admirateur de la vie américaine. Élise tient un salon de tatouage et a pris pour habitude de se faire tatouer2 à chaque histoire amoureuse. Didier, à l’annonce de sa nouvelle paternité, décide de finir les travaux dans sa ferme alors qu’il vivait dans une caravane. Malgré la naissance de sa fille, Maybelle, Didier ne s’investit que dans sa musique et tombe dans l’alcoolisme. Élise intègre son groupe en tant que chanteuse pour vivre une vie de bohème centrée sur la musique. Mais leur fille, à ses 7 ans, développe un cancer qui l’achève rapidement malgré plusieurs chimiothérapies.Alabama Monroe (The Broken Circle Breakdown) est le nouveau film de Felix Van Groeningen (La Merditude des choses). Enorme succès public en Belgique, le film a été présenté au 63e Festival de Berlin, où le film et l’équipe ont fait sensation.
Le film est adapté de la pièce de théâtre The Broken Circle Breakdown Featuring the Cover-Ups of Alabama, écrite par Johan Heldenbergh et Mieke Dobbels.

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En fragmentant la chronologie, Felix Van Groeningen semble vouloir battre en brèche l’émotion. Il la travaille, au contraire, en profondeur : peu à peu, Alabama Monroe prend son envol, brise le cadre d’une dramaturgie qui enfermerait ses personnages dans le mélo. S’il n’est question ici que de sentiments, ils se muent en folle énergie de vie ou de désespoir, ils s’affrontent au silence de l’univers. Maybelle projette son imagination inquiète dans les étoiles, le père s’en prend au Créateur, la mère veut ­renaître sous un autre nom, Alabama… Les cris, les pleurs deviennent, tout à coup, le langage d’une sensibilité fragile et désemparée. Comme la musique, qui apporte tantôt vitalité, tantôt tristesse délicate. Grand succès en Belgique, ce film est fait autant avec les tripes qu’avec pudeur. — Frédéric Strauss

Publié dans:Cinéma |on 29 janvier, 2014 |Pas de commentaires »

Inside Llewyn Davis…

Inside Llewyn Davis est le titre d’un disque enregistré par un chanteur folk qui tente de percer dans le New York du tout début des années 1960. Seulement l’essentiel des copies moisit dans des cartons poussiéreux stockés dans le bureau de son imprésario…
La vie n’est pas drôle pour cet artiste certes talentueux -mais l’est-il suffisamment ?- perdu dans l’hiver new-yorkais, avec quelques minces bagages et quelques rares soutiens, des amis qui l’hébergent sur de vieux canapés et une sœur qui tente en vain de le raisonner. C’est peu dire que Llewyn Davis est à la dérive ; derrière la vie de bohème autour des clubs et des cafés pointe la misère, derrière l’humour et l’ironie cinglante se dessine le désespoir.
Ayant hérité d’un chat roux suite à une série d’improbables péripéties et fuyant peut-être une femme très en colère, Llewyn part à Chicago, pour ce qui apparaît comme l’audition de la dernière chance.

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On retrouve dans ce film dont la construction semble se perdre autant que son héros, tout l’humour et toute la poésie des frères Coen, avec des personnages toujours incroyables tout en paraissant si familiers. Et on y découvre également toute la noirceur en filigrane, celle dont se teinte souvent l’existence. Llewyn Davis est terriblement touchant et éminemment agaçant aussi. La vie ne l’épargne pas tout comme lui-même ne transige avec personne. Loser magnifique, pathétique : victime et salopard. Où le mène son chemin dans la neige, alors qu’il choisit de tourner le dos à un possible amour, à une possible famille ? Son salut finalement n’aurait pu venir que de ce qu’il a tragiquement et irrémédiablement perdu, un autre lui-même.

Publié dans:Cinéma |on 26 janvier, 2014 |Pas de commentaires »
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