Archive pour la catégorie 'Cinéma'

Les Grandes Ondes (A l’Ouest)…

L’ouest, en l’occurrence, c’est le Portugal. Et les grandes ondes, ce sont d’abord celles de la radio (suisse romande) qui envoie, en 1974, trois journalistes faire un reportage, si possible complaisant, sur l’aide de la riche nation helvète au “sous-développé et néanmoins sympathique” Portugal de Salazar. Dans le combi Volkswagen affrété par la station, prennent place un grand reporter amnésique (campé par le toujours excellent Michel Vuillermoz), une jeune présentatrice pleine d’idéaux et choquée par la muflerie de son collègue (Valérie Donzelli, au jeu délicieusement perché), et un preneur de son placide (le méconnu et parfait Patrick Lapp). Mais en 1974, les grandes ondes sont aussi celles de la révolution, qui dans un mouvement concentrique finit par atteindre ce petit pays du bout de l’Europe sous la coupe d’un régime fasciste depuis quarante ans. Les trois reporters de choc, bientôt rejoints par un jeune traducteur local à la langue fleurie d’expressions marseillaises apprises dans les œuvres de Marcel Pagnol – le film est rempli de ce genre d’idées saugrenues –, choisiront on s’en doute les œillets contre les œillères.

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Sans vouloir exagérément rattacher Baier à son pays d’origine – il est trop franc-tireur pour se réclamer d’une identité fixe –, il y a quelque chose dans son art qui tient de l’horlogerie : ses films, quels que soient leur genre, leur budgetou leur format, sont des mécaniques d’une intelligence et d’une précision folles, d’autant plus simples à la visionqu’ils sont complexes à concevoir. Frisant l’anecdotique, flirtant avec le théorique, ils finissent toujours par toucher en plein cœur lorsque, de tic en tac, tout se met en branle par la grâce de la mise en scène : en témoigne ici, par exemple, une fabuleuse scène de musical inattendue. Baier teinte en revanche son film d’une opportune mélancolie. Le rire s’y double de la conscience aiguë du temps qui file, subtilisant trop vite les amis et les pères d’élection, broyant sans pitié les souvenirs. 1974, c’était hier, et ça paraît pourtant loin. Sans nostalgie aucune, il faut alors, avance Baier, tenter de les faire revivre par le cinéma (au présent)…
Jolie comédie à l’italienne pleine d’humour..superbe

 

Publié dans:Cinéma |on 21 février, 2014 |Pas de commentaires »

A Single Man…

Los Angeles, 1962. Depuis qu’il a perdu son compagnon Jim dans un accident, George Falconer, professeur d’université Britannique, se sent incapable d’envisager l’avenir. Solitaire malgré le soutien de son amie la belle Charley, elle-même confrontée à ses propres interrogations sur son futur, George ne peut imaginer qu’une série d’évènements vont l’amener à décider qu’il y a peut-être une vie après Jim…

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Face au résumé de A Single Man, le premier long métrage de Tom Ford, créateur de mode, transfuge de chez Gucci et Yves Saint Laurent, on pourrait être tenté de prendre ses jambes à son cou. L’ultime journée d’un enseignant des années 1960 résolu à se tuer parce qu’il ne supporte pas la mort de son compagnon n’annonçait rien de très rock’n'roll. La sensibilité et l’élégance de Tom Ford transforment pourtant ce qui aurait pu n’être qu’un gros mélo en objet d’art raffiné. Le charme discret de Wong ­ Kar-wai n’est pas loin dans cette adaptation subtile et sensuelle d’Un homme au singulier, roman autobiographique de Christopher Isherwood. Colin Firth, récompensé au Festival de Venise et cité à l’oscar, est pour beaucoup dans la puissance de ce voyage immobile au pessimisme ravageur. Julianne Moore, lumineuse, apporte un supplément dame à une oeuvre si personnelle qu’on se dit qu’un auteur est né.

Publié dans:Cinéma |on 14 février, 2014 |Pas de commentaires »

Dans ses yeux…El Secreto De Sus Ojos

1974, Buenos Aires. Benjamin Esposito enquête sur le meurtre violent d’une jeune femme. 25 ans plus tard, il décide d’écrire un roman basé sur cette affaire « classée » dont il a été témoin et protagoniste. Ce travail d’écriture le ramène à ce meurtre qui l’obsède depuis tant d’années mais également à l’amour qu’il portait alors à sa collègue de travail. Benjamin replonge ainsi dans cette période sombre de l’Argentine où l’ambiance était étouffante et les apparences trompeuses…

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D’une réalisation classique, impeccablement ficelé, cet étouffant film d’atmosphère décline à loisir le thème de la vérité inscrite dans le regard. Esposito mange Irène des yeux, celle-ci le fixe avec une bienveillance qu’il ne sait pas interpréter comme une attente de sa déclaration. Et c’est à la manière dont l’ignoble Gomez porte les yeux sur son décolleté lors de son interrogatoire qu’Irène démasque en lui l’assassin, le poussant ensuite hors de ses gonds pour le mener à l’aveu. Dans le rôle du fonctionnaire déprimé, Ricardo Darin fait merveille en grande partie grâce à son regard, qui n’est pas sans rappeler celui de Paul Newman. Greffé d’une belle scène de poursuite dans un stade de football, Dans ses yeux reste néanmoins un divertissement de qualité, où les personnages secondaires sont passionnants, à l’image du bras droit d’Esposito, caractère extrême interprété par un comédien comique, de l’assassin à la mine égarée, du mari de la victime, errant dans les gares, vengeur discret qui n’abdique jamais.

Publié dans:Cinéma |on 14 février, 2014 |Pas de commentaires »
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