Archive pour la catégorie 'Cinéma'

Les Témoins de Lendsdorf….

Reprenant le credo du monumental Shoah de Claude Lanzmann, ce premier long métrage parvient par le truchement de la fiction à interroger la mémoire. Yoel est un historien israélien qui enquête de nos jours sur un massacre de juifs durant la Seconde Guerre mondiale aux abords d’un village autrichien. Ce combat de toute une vie est toutefois soumis à un ultimatum lorsque la municipalité dudit village entend effectuer des travaux de construction, empêchant le chercheur de localiser la fosse – jusqu’ici introuvable – où les corps des victimes ont été enterrés.

À partir d’une trame classique du film-enquête, le réalisateur israélien, Amichai Greenberg, parvient avec sobriété et sérieux à dresser le portrait d’un homme obnubilé par sa mission au point de se confondre avec elle. Seul contre tous, y compris face à l’Histoire qui masque ses preuves, le chercheur (Ori Pfeffer, méconnaissable et formidable) se retrouve bientôt confronté à la fragilité de sa propre identité suite à une révélation (dont nous ne vous dévoilerons rien) qui ajoute à la confusion.

 

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Mais puisque tout semble se dérober, c’est un puzzle qu’il faut reconstruire, pièce après pièce, pour mettre à jour la preuve manquante. Voir ainsi le personnage principal au fond d’un labyrinthe de tranchées qu’il a lui-même fait creuser offre l’expression saisissante et mentale d’une raison en ébullition. Ce film jamais théorique reste efficace de bout en bout. Une très belle réussite.

A page of history .You are the witness of my love’s heart, ily

Publié dans:Cinéma |on 22 mars, 2019 |Pas de commentaires »

La Chute de l’Empire Américain….

Un butin tombe dans les mains d’un intello fauché. Une hilarante satire du système capitaliste rongé par l’argent sale, par l’auteur des Invasions barbares.

Après Le Déclin de l’empire américain (1986) et Les Invasions barbares (2003), Denys Arcand revient pour clore sa trilogie avec un réjouissant film d’arnaque, dans le fond comme dans la forme, qui ne cesse de muter — comédie sentimentale, polar, satire politique ? La scène d’ouverture, hilarante, montre un couple en pleine rupture. A sa petite amie, consternée, Pierre-Paul Daoust, 36 ans et un doctorat en philosophie, explique que l’intelligence est un handicap pour réussir — il est chauffeur-­livreur. « Les vraies gens intelligents ne passent pas à la télé, dit-il, et ne votent pas Trump. » S’ensuit une séquence de braquage qui tourne si mal que des sacs de billets appartenant à un gang échouent aux pieds du héros, tout à coup nettement moins philosophe, et bien décidé à en faire bon usage. En commençant par la location des services d’une call-girl, forcément délicieuse, puisqu’elle a choisi de se surnommer Aspasie, comme la première grande prostituée, amie de Socrate.

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Au fil d’un scénario à tiroirs, plein de trouvailles, apparaîtront ainsi un ex-taulard qui a pris des cours de droit sur l’évasion fiscale (Rémy Girard, acteur fétiche de Denys Arcand), un truand en col blanc, et quelques comparses, pour former une sympathique association de malfaiteurs qui met en lumière tous les circuits et rouages de l’argent sale. Si le Québécois ne fait pas de quartier dans ce pamphlet ironique sur le ton du « tous pourris », il fait aussi naître l’émotion, grâce à la reconversion de la prostituée, ou par la figure d’un SDF muet de reconnaissance devant la générosité d’autrui… La dérision envers l’Amérique se niche jusque dans l’esthétique du film, à travers, par moments, une image de luxueuse série télé.

En revanche, c’est avec un naturalisme brutal que le cinéaste insère des plans sur les sans-abri de Montréal, Inuits et autres Indiens du Canada, couchés sur les trottoirs. Le film se termine, d’ailleurs, sur leurs visages en gros plan, et c’est « ben correc ». Wonderful day beside you, thanks of all of you, ily

Publié dans:Cinéma |on 8 mars, 2019 |Pas de commentaires »

Les moissonneurs…

Quelque part dans les plaines de l’Etat libre, grenier à blé de l’Afrique du Sud, les fermiers blancs afrikaners cultivent leurs terres, en implorant Dieu pour qu’elles prospèrent. Janno, aîné d’une famille d’exploitants agricoles, sent déjà, à 15 ans, le poids de son héritage, alors que sa mère prie pour qu’il ait « la force et la semence » qui assureront la survie de la lignée. Mais l’adolescent sent d’autres forces bouger en lui. Alors qu’il est troublé par l’un de ses camarades, voilà que débarque Pieter, un orphelin des rues au lourd passé, que sa famille adopte. Janno est sommé de l’accepter comme un frère…

Pour son premier long métrage, le réalisateur, qui a grandi juste après l’apartheid, livre une radiographie d’une communauté (la sienne) recluse sur elle-même, à travers l’histoire de deux garçons dressés l’un contre l’autre sur une terre au bord de l’embrasement. Dans une atmosphère de western crépusculaire, rongé par l’angoisse, certaines scènes prennent un relief inquiétant. Ainsi quand le fils adoptif se fait rabrouer pour avoir pris des libertés au milieu des cueilleuses noires. Dans ce paysage ouvert et immense, chacun lutte contre l’enfermement.

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A l’intérieur des maisons, l’image du film rappelle la peinture flamande, mais les plaines blondes évoquent, elles, les couleurs de L’Angélus, de Millet, ou la lumière dorée des Moissons du ciel, de Terrence Malick. Jusqu’à un brasier d’une beauté d’Apocalypse. Les cendres de l’apartheid sont toujours brûlantes.

For the centh movie alone together i hope it will be a nice souvenir for you. Another country, another world, ily

Publié dans:Cinéma |on 22 février, 2019 |Pas de commentaires »
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