Archive pour juillet, 2019

Yesterday…

On sait Danny Boyle touche-à-tout, autant qu’infatigable créateur d’images. Le revoici à la tête de Yesterday, une œuvre sacrément fourre-tout, puisqu’elle mélange dystopie musicale et comédie romantique, pour aboutir à un métrage peut-être inégal, mais aussi foisonnant qu’intéressant. Un aspirant musicien découvre qu’il a investi une réalité parallèle où il est le seul à se souvenir des Beatles. Alors qu’il redonne vie à leurs inventions musicales, il lutte pour sauver son histoire d’amour naissante. Malgré la fantaisie revendiquée du sujet et de l’univers déployé par Boyle, l’intrigue déroule sa romance avec un tempo aussi calculé que prévisible, aussi éprouvé que finalement éprouvant. Pour qui n’est pas un fan hardcore du genre et de la recette du scénariste, le coeur du film paraîtra bien fatigué.

Yesterday1 Yesterday2            Lien vidéo

Heureusement, le réalisateur ne se contente pas de narrer une bluette extrêmement classique, mais l’insère dans un projet artistique plus ambitieux et détonnant, pensé comme une missive énamourée aux Beatles. Effacés de la surface de la planète, ils offrent au héros l’occasion de ressusciter leur répertoire et de briller, ainsi qu’au film de développer une très belle idée. Ce ne sont pas les stars qui comptent, ce ne sont pas les interprètes qui marquent, mais bien les œuvres. Ainsi, Danny Boyle livre un hommage rafraîchissant en cela qu’il dépeint en creux les compositions du groupe comme des temples artistiques méritant une déférence à l’égale des grands poètes, une dévotion totale. L’hommage est fervent, la révérence sincère, et touche par sa simplicité.

Grâce au soutien indéfectible et cinégénique des formidables Lily James et Himesh Patel, dès que Boyle reprend du poil de la bête et essaie de pirater le récit académique et débordant d’huile de coude de Curtis, le charme opère, et Yesterday retrouve des couleurs. Leur synergie témoigne du directeur d’acteur émérite qu’est progressivement devenu Boyle, toujours capable d’extraire de ses acteurs des performances habitées et animales, désormais à même d’insuffler un charme d’une précision et d’une douceur irrésistibles.

ILY, yeah, yeah, yeah…With a love like that i know i should be glad…hihi

Publié dans:Cinéma |on 5 juillet, 2019 |Pas de commentaires »

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