The Mule…

Eastwood ne porte donc plus le flingue mais la fleur — le lys, en particulier, qu’il cultive en champion. Mais sa petite entreprise, hier florissante, est menacée de saisie. Seul, brutalement à court d’argent, il accepte de faire le chauffeur pour transporter une cargaison illicite dont, au ­début, il ignore (ou feint d’ignorer) le contenu. La livraison, très rentable, se déroule si bien que le cartel mexicain l’ayant recruté fait de nouveau appel à lui. Passeur de drogue (« mule ») idéal, à même d’éloigner tout soupçon de la police, le vieil homme devient une sorte de mascotte. Les moments où on le voit blaguer avec les jeunes trafiquants chicanos, leur demander conseil sur la manière d’envoyer les textos, ne manquent pas de piquant.

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Quelle route le curieux papy ­emprunte-t-il ? Quels Etats traverse-t-il ? Combien de kilomètres ? Ce road movie tendre et picaresque, inspiré d’une histoire vraie, ne le dit pas. Mais il montre souvent Earl dans ses multiples trajets, au volant de son vieux pick-up puis d’un 4 x 4 flambant neuf, prenant un plaisir manifeste à simplement rouler en écoutant de la bonne musique — de Dean Martin à Hank Snow, la BO est un régal de ballades jazzy ou de musique country… Il y a quelque chose de très savoureux à voir ce retraité échapper aux catégories, brouiller les pistes. Et semer la zizanie. Il fait comme bon lui semble, ne respecte aucune consigne de prudence, prend des chemins de traverse.

Baroud d’honneur d’un homme qui essaie de se racheter, La Mule s’avère, au fil des kilomètres avalés, moins ­léger qu’il n’en a l’air. Son argent gagné, Earl ne l’engrange point, mais le donne sans compter, à ses amis vétérans comme à sa famille. Il faut dire que le temps est compté, que la mort rôde. Tous ses déplacements ­incessants ressemblent à une sorte de purgatoire. Earl n’attend qu’une chose, au fond : l’arrêt de cette dérobade que sa vie a été, pour pouvoir ­enfin se réconcilier avec les siens et avec lui-même.

I know i am the happiness and the surfer of your life, but ily so much..

Publié dans : Cinéma |le 25 janvier, 2019 |Pas de Commentaires »

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