In my room…

Plongeant dans la science-fiction, le film suit d’abord son personnage principal, Armin, un caméraman quadragénaire un peu inadapté à son environnement, dans une Allemagne très réaliste avant d’en faire le dernier survivant de l’humanité dans une seconde partie de fiction post-apocalyptique.Le cinéaste montre un talent sûr pour tisser, au travers des sensations élaborées par la mise en scène, toute une série de liens logiques entre les nombreux thèmes qu’explore le film.

Avant et après cette catastrophe qui laisse Armin seul sur terre, In My Room parle de politique : quelle vie dans le capitalisme ? comment survivre seul ? ; des générations : faut-il reproduire l’espèce quand Armin, le dernier homme, rencontre finalement Kirsi, la dernière femme du film ? quels rapports entre les membres de la famille ? ; des relations entre les humains et les animaux ; de la vitesse et de la lenteur ; de la disparition : celle de l’humanité et de celle d’un être aimé. Ces questions seront incarnées à travers une série de plans s’adressant autant aux sens qu’à l’intellect du spectateur : le vertige d’une dernière virée automobile en plan subjectif ; une femme traversant fusil dans son dos un champ aux grandes fleurs ; un reportage télé raté au parlement allemand ; un animal sauvage surgissant dans la nuit ; un homme à cheval ; une autoroute habitée par des porcs.

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Inmyroom2   Lien vidéo

Refusant d’adopter presque systématiquement le point de vue de son personnage pour éviter l’identification à un héros survivaliste, la mise en scène fait une large place à de longs plans patiemment construits. In My Room ne fait de ses personnages ni des héros tragiques ni des modèles et pas plus les porteurs d’un discours. Avec une ironie délicate qui caractérisait déjà ses films précédents, le cinéaste les plonge dans une situation extraordinaire qui leur permet de remettre à plat les questions auxquelles ils ont été confrontés avant la catastrophe. Il propose au spectateur d’expérimenter avec eux à travers images et sons, où les trois langues des personnages, allemand, italien, anglais, créent un babélisme troublant, ce nouvel univers où ils sont devenus maîtres du monde et où il faut tout inventer.

On the road again with you, beautiful moment, ily, ild, taf..

Publié dans : Cinéma |le 18 janvier, 2019 |Pas de Commentaires »

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