Archive pour décembre, 2018

Wild Life….

« Je sens que je dois me réveiller. Mais de quoi ? » lâche la mère fatiguée, à son fils unique, Joe, 14 ans. Ce dernier assiste, impuissant, à la lente désagrégation de la cellule familiale, un petit paradis dont il était jusque-là le centre. Entre ses parents, Jeanette (Carey Mulligan) et Jerry (Jake Gyllenhaal), ça ne va plus fort. Le père, prof de golf, a été viré. Il peine à retrouver du boulot, s’enfonce dans une déprime larvée et décide d’un coup de partir plusieurs mois pour une mission dangereuse. Il rejoint, pour un salaire de misère, cette cohorte d’apprentis pompiers qu’on recrute dans la région, pour éteindre les incendies ravageurs, malédiction de cet été 1960.

Wild1

Wild2    Lien vidéo

Son film est l’adaptation d’un roman, La Saison ardente, de Richard Ford. Un grand écrivain de la désespérance paisible, dont l’esprit imprègne ce film sensible, posé, où chaque personnage se débat dans un marasme. Confusion intérieure, solitude, frustration, tous ces grands maux sont ici décrits par petites touches. Le regard passe par Joe (Ed Oxenbould, attachant d’intelligence discrète, découvert dans The Visit de M. Night Shyamalan), adolescent éveillé, un peu renfermé peut-être, qui semble souvent bien plus mûr que ses parents. C’est un fils « exposé », au malaise : ses parents l’aiment mais pas si bien, règlent leur compte devant lui, le mettent trop facilement dans la confidence.

Cette impudeur qui ne dit pas son nom, c’est sans doute ce qu’il y a de plus sagace dans ce récit patient autour d’un passage à l’âge adulte, d’autant plus délicat que le modèle parental vacille. L’instabilité, le lien sportif avec le père qui s’étiole, les frasques de la mère, le risque d’un nouveau déménagement, la menace des incendies dans cette belle région du Montana (filmée aussi par Kelly Reichardt, dans Certaines femmes), tout cela concourt à une atmosphère troublante. La mise en scène de Paul Dano est rigoureuse, un peu scolaire peut-être parfois. N’empêche : Wildlife exerce une forme d’emprise lente, de suspension entre le tumulte et l’harmonie, qu’on savoure très volontiers.

It’s exactly what you told me after the end of the movie.Delicious and love moment as usual beside you

Publié dans:Cinéma |on 21 décembre, 2018 |Pas de commentaires »

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