Archive pour juin, 2018

Trois visages…

Une célèbre actrice iranienne reçoit la troublante vidéo d’une jeune fille implorant son aide pour échapper à sa famille conservatrice… Elle demande alors à son ami, le réalisateur Jafar Panahi, de l’aider à comprendre s’il s’agit d’une manipulation. Ensemble, ils prennent la route en direction du village de la jeune fille, dans les montagnes reculées du Nord-Ouest où les traditions ancestrales continuent de dicter la vie locale.

Il signe des films alors que le gouvernement iranien lui interdit d’en tourner. Il figure régulièrement dans la sélection des grands festivals (encore à Cannes, le mois dernier), alors qu’il est physiquement assigné à résidence à Téhéran… Il y a une énigme Jafar Panahi, comme il y a un mystère du traitement infligé au cinéaste par la République islamique. Sa notoriété, son prestige protègent l’homme de la prison, mais nul ne sait jusqu’à quand. Ce flou et ces contradictions, cette menace qui pèse sur lui, Jafar Panahi en fait la matière de son cinéma. Il ruse avec la réalité comme avec les autorités.

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Il signe des films alors que le gouvernement iranien lui interdit d’en tourner. Il figure régulièrement dans la sélection des grands festivals (encore à Cannes, le mois dernier), alors qu’il est physiquement assigné à résidence à Téhéran… Il y a une énigme Jafar Panahi, comme il y a un mystère du traitement infligé au cinéaste par la République islamique. Sa notoriété, son prestige protègent l’homme de la prison, mais nul ne sait jusqu’à quand. Ce flou et ces contradictions, cette menace qui pèse sur lui, Jafar Panahi en fait la matière de son cinéma. Il ruse avec la réalité comme avec les autorités. Plaidoyer pour l’expression artistique, éloge des actrices (trois générations sont représentées) en porte-à-faux avec la condition féminine en Iran, ce portrait de groupe traite, une fois encore, de l’empêchement et de l’entrave. Jafar Panahi avait tourné son précédent film, Taxi Téhéran (2015), entièrement à l’abri de son véhicule. Il a, cette fois, une plaisanterie inquiétante, en déclinant une invitation à dormir dans une maison du village : « C’est encore dans ma voiture que je suis le plus en sécurité. »

Travel to Iran beside you, i like when your smile lights on your pretty face, ily

 

Publié dans:Cinéma |on 15 juin, 2018 |Pas de commentaires »

L’homme qui tua Don Quichotte…

Gilliam et Don Quichotte. L’analogie s’est imposée au fil de ces vingt-cinq dernières années, tandis que se succédaient les annulations et relances de cette « adaptation » du roman de Cervantès. La comparaison est d’ailleurs devenue un poncif parmi les propos de ses détracteurs : Gilliam n’aurait ainsi jamais été l’artiste génial à la hauteur de sa réputation, pas plus que Don Quichotte un véritable chevalier. On peut certes se limiter à sourire du résultat de cet acharnement contre ces satanés moulins à vent, à coup de co-productions intenables qui lui ont valu des démêlés en justice jusque dans les derniers jours avant la présentation du film à Cannes. Mais une telle posture reviendrait à s’interdire de voir à quel point cet Homme qui tua Don Quichotte est émouvant de simplicité.

Nous entrons dans le film avec Toby (Adam Driver), réalisateur cynique et détaché d’un spot publicitaire tourné en Andalousie. Après quelques mésaventures, le voilà contraint d’incarner le rôle de Sancho dans une escapade absurde auprès d’un vieil excentrique, Javier (Jonathan Pryce). Ce dernier  avait joué dix ans plus tôt le personnage de Don Quichotte dans le film de fin d’études de Toby, pour ne plus jamais sortir du rôle depuis. À partir de ce point de départ alambiqué, Gilliam s’engage dans une variation contemporaine du roman de Cervantès étonnamment fidèle à son esprit initial. Mais surtout, il trouve ici le terrain idéal pour mettre en scène une nouvelle fois la grande idée qui traverse tous ses films : la libération par l’imaginaire.

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L’Homme qui tua Don Quichotte se démarque pourtant de ses précédentes réalisations par sa relative sobriété. Non pas que Gilliam ait abandonné la loufoquerie qu’on lui connaît, mais il a fait de l’apparition de ses extravagances visuelles un des principaux enjeux de la narration. Pendant toute la première partie du film, les délires de Javier restent invisibles, si ce n’est par ses réactions face à ce que lui seul peut voir. On observe ce passeur d’imaginaire jouer son personnage chevaleresque tel un adulte incarnant son rôle avec ferveur face à un public enfantin. Jonathan Pryce, théâtral et malicieux, fait ici des merveilles dans cet emploi à double fond d’un acteur donnant vie à un personnage (Javier) qui est lui-même acteur d’un autre personnage (Don Quichotte). Toby, mis dans le rôle du spectateur forcé de ses délires, bougonne, hurle, se détourne, avant de s’engager dans le parcours initiatique de redécouverte d’un imaginaire partagé autrefois. Adam Driver, avec son physique entre deux âges, se prête alors parfaitement à ce panel d’expressions (certainement mieux que ne l’aurait certainement jamais fait Johnny Depp d’ailleurs). Portée par un duo de comédiens aux envolées jubilatoires et communicatives, la relation des deux protagonistes devient ainsi le cœur de ces nouvelles aventures de Don Quichotte et Sancho.

L’Homme qui tua Don Quichotte n’exprime pas pour autant le regret d’une époque révolue : en témoigne le surgissement final des créatures en images de synthèses, à l’occasion d’un passage entre générations. Après cette longue réappropriation d’un imaginaire invisible, ces apparitions se révèlent pour ce qu’elles sont : des images créées de toutes pièces, nées d’un délire, qui peuvent incarner quelque chose uniquement parce que celui qui les voit considère qu’elles ont une existence. Quant à la question de savoir si la légendaire production de ce film fait désormais partie de l’œuvre, l’on serait de tenté de répondre que oui, bien au-delà des clins d’œil disséminés ici et là en référence aux embûches qui se sont dressées sur le chemin du réalisateur. Mais où l’on aurait tendance à estimer qu’un film ayant nécessité tant d’années pour exister serait condamné à n’être qu’un chef d’œuvre ou rien du tout, Gilliam nous prouve le contraire, en se contentant d’être simple, drôle, et fidèle à ce qu’il a toujours fait.

Wonderful movie, beautiful you. My dulcinée TQM..

Publié dans:Cinéma |on 1 juin, 2018 |Pas de commentaires »

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