Archive pour avril, 2018

The Rider…..

Brady, jeune cow-boy, entraineur de chevaux et étoile montante du rodéo, voit sa vie basculer après qu’un cheval lui a écrasé le crâne au cours d’un rodéo. On lui annonce alors qu’il ne pourra plus faire d’équitation. De retour chez lui, dans la réserve de Pine Ridge, sans goût pour une vie différente, il est confronté à la vacuité de sa vie : il est désormais un cow-boy qui ne peut ni faire de rodéo ni même monter à cheval. Pour reprendre le contrôle de son destin, Brady se lance dans une quête identitaire et cherche à comprendre ce que c’est qu’être un homme au cœur de l’Amérique…Tous les acteurs, non professionnels, campent des personnages fidè­les à ceux qu’ils sont dans la vraie vie. C’est d’ailleurs le véritable coup de ­sabot d’un mustang sur le crâne de Brady, et ses conséquences familiales et psychologiques, qui a permis à ce wes­tern réaliste d’exister. L’homme souf­fre d’avoir abattu son cheval blessé et de devoir, lui, si fracassé, s’acharner à vivre.

Chinoise exilée à New York, Chloé Zhao s’est prise d’affection pour les Oglalas, des Sioux de la tribu des Lakotas qui survivent dans la réserve de Pine Ridge, dans le Dakota du Sud, à la frontière avec le ­Nebraska. Lassée des reportages misérabilistes de la télévision américaine sur leurs conditions de vie, la jeune réalisatrice a, en réaction, opté pour la fiction. Après un poignant premier film initiatique, Les chansons que mes frères m’ont apprises (2015), sur un adolescent sioux qui choisissait de fuir pour se ­sauver, elle revient à Pine Ridge, dans la ­famille d’un jeune dresseur de chevaux, Brady, étoile montante du rodéo, qui, lui, a décidé de rester parmi les siens, coûte que coûte. Un cow-boy à peau rouge, en quelque sorte.

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Dans des paysages sublimes, toujours filmés à l’aube ou au crépuscule, pour donner des couleurs à des existences qui en manquent cruellement, Chloé Zhao aborde, en creux, des ques­tions aussi cruciales que l’assimilation, la relation homme-animal, la nature et la culture. Ses cow-boys indiens anachroniques, que le monde moderne voudrait contraindre à travailler au ­supermarché, en évoquent bien d’au­tres, dont les fantômes hollywoodiens surgissent dans les plaines et collines du Dakota. Comme le Robert Mitchum des Indomptables, de Nicholas Ray, lui aussi gloire du rodéo blessée, qui ne pouvait se résoudre à abandonner les arçons. Ou le Kevin Costner pro-indien de Danse avec les loups, tourné aussi dans ce paradis perdu. Et la chanson Badlands, de Bruce Springsteen, sur les mêmes territoires sauvages, pourrait encourager Brady à remonter en selle : « Passer sa vie à attendre/Un ­moment qui n’arrive pas/Ne perds plus ton temps à attendre/Mauvaises terres, tu dois y vivre chaque jour. »

Wonderful movie, wonderful you, an amazing moment, ily my tenderlover..

Publié dans:Cinéma |on 20 avril, 2018 |Pas de commentaires »

The Disaster Artist…

En 2003, Tommy Wiseau, artiste passionné mais totalement étranger au milieu du cinéma, entreprend de réaliser un film. Sans savoir vraiment comment s’y prendre, il se lance … et signe THE ROOM, le plus grand nanar de tous les temps. D’après une histoire vraie. La formule d’usage, particulièrement voyante, envahit l’écran entre le générique et la première scène. Et pour cause : elle résume une bonne part de l’intérêt du film. L’artiste désastreux existe bel et bien, sans quoi tout paraîtrait invraisemblable et outrancier. Il se nomme Tommy Wiseau, mais son âge, son lieu de naissance et l’origine de ses moyens financiers restent inconnus. Son allure gothique, cheveux noirs très longs, teint pâle, dégaine de hard-rocker, ne peut passer inaperçue. Surtout, il possède un étrange titre de gloire. Au début des années 2000, sans producteur ni réseau, il a financé lui-même, à Los Angeles, un long métrage au budget non négligeable (6 millions de dollars), The Room, dont il est à la fois le scénariste, le réalisateur et l’acteur principal.

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Il y a du Ed Wood, considéré comme le plus mauvais réalisateur de tous les temps, et immortalisé par Tim Burton en 1994, dans cette figure de créateur catastrophe, sauvé par l’ampleur même de son incompétence. James Franco, qui joue le personnage et signe le film, n’a pas à rougir de la comparaison avec Burton. Sa comédie est alerte, enlevée, gentiment fêlée, souvent drôle. Franco ridiculise son héros, mais il sait aussi lui donner un certain panache, une démesure kamikaze. Le film tourne habilement autour d’une attirance amoureuse inexprimée et non réciproque entre l’aîné et le protégé, mais comme une piste parmi d’autres menant à la mise en chantier du grand œuvre.

Le terme d’artiste (plutôt que cinéaste) invite aussi, implicitement, à envisager Tommy Wiseau comme l’auteur d’une performance : à la manière d’un Jeff Koons, il poserait des questions à tout le cinéma en produisant une œuvre non conforme, grotesque, et finalement populaire. Mais, si James Franco rate une marche, c’est peut-être celle-ci : jusqu’au coup de théâtre qui voit les spectateurs s’enthousiasmer pour la nullité de The Room, la ligne de partage reste strictement maintenue entre les canons esthétiques des professionnels et les errements du néophyte. Pour James Franco, The Disaster Artist n’est que l’histoire d’un succès accidentel, d’une victoire par l’absurde.

I like your home, i like your rooms, ily..

Publié dans:Cinéma |on 6 avril, 2018 |Pas de commentaires »

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