Pentagon Papers….

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations.Le staccato des machines à écrire, le tintamarre des téléphones, la fumée des cigarettes, l’effervescent ballet des reporters, dans un désordre de bureaux surchargés : cette salle de rédaction, les cinéphiles la connaissent par cœur. ­Retour dans la ruche du Washington Post, qui a électrisé des générations, ­depuis Les Hommes du Président, d’Alan J. Pakula.

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En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spielberg réussit plusieurs films en un seul. Il traite brillamment le dossier politique, et son style même se fait sec, exaltant et nerveux, à la manière des grands films du Nouvel Hollywood des années 70 : c’est un hommage à l’histoire du cinéma autant qu’à la presse de l’époque, tant les deux médias représentèrent alors, chacun à leur manière, la sauvegarde de la démocratie contre un pouvoir abusif. Chaque scène, ou presque, est un morceau de bravoure. Y compris au sens propre : en publiant ces documents brûlants, Kay Graham et ses employés risquaient de tout perdre, de leur journal à leur propre liberté.

On devine, bien sûr, derrière la ­reconstitution, un plaidoyer très contemporain en faveur d’un contre-pouvoir indépendant et fort, plus ­nécessaire que jamais aujourd’hui.  Meryl Streep habite avec une étonnante douceur cette patronne atypique, tiraillée entre les exigences de son milieu, la haute société politico-financière et ses valeurs morales. Face à elle, Tom Hanks a rarement été aussi convaincant : son portrait de rédacteur en chef dur à cuire incorruptible et gouailleur ferait presque oublier Jason Robards, le Ben Bradlee du film de Pakula.

Spielberg, lui, n’oublie pas. Il termine son histoire là où commence Les Hommes du Président, le temps d’un ­fameux plan large et nocturne sur l’immeuble du Watergate. Manière élégante, futée et magistrale de raccrocher les wagons du mythe.

So many love papers between us, and more and more for ever, ily

 

Publié dans : Cinéma |le 6 février, 2018 |Pas de Commentaires »

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