Archive pour février, 2018

Phantom Thread….

Dans le Londres glamour des années 50, le célèbre couturier Reynold Woodcock et sa sœur Cyril sont au cœur de la mode britannique, habillant la famille royale, les stars de cinéma, les héritières, les mondains et les dames dans le style reconnaissable de la Maison Woodcock. Les femmes défilent dans la vie de Woodcock, apportant à ce célibataire endurci inspiration et compagnie, jusqu’au jour où il rencontre Alma, une jeune femme au caractère fort qui deviendra rapidement sa muse et son amante. Lui qui contrôlait et planifiait sa vie au millimètre près, le voici bouleversé par l’amour.

Dans Phantom Thread, le cou­turier Reynolds Woodcock (Daniel Day-Lewis, magique comme d’habitude) a pris l’habitude de dissimuler, dans les doublures des robes qu’il crée, un message, une maxime, voire une mèche de cheveux, comme pour maintenir, entre elles et lui, un lien secret, un « fil invisible » (d’où le titre)… De la même façon, Paul Thomas Anderson a souvent parse­mé ses films d’hommages à des ciné­as­tes admirés. Qui pourrait se dissimuler sous la perversité anxiogène, l’élégance sophistiquée de Phantom Thread ? Alfred Hitchcock, bien sûr, ne fût-ce que par la présence de Cyril (Lesley Manville), la sœur du couturier, silhouette inquiétante et sombre, droit sortie de Rebecca.

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Etrangement, ce film aux sentiments engoncés et aux décors asphyxiants (avec ses escaliers étroits et ses murs resserrés, la maison de couture de Woodcock ressemble à un goulot d’étranglement) regorge de fulgurances : tel ce plan expressionniste où le héros, au volant de sa voiture, semble avaler les maisons des villages qu’il traverse, tout comme les arbres fantomatiques venus à sa rencontre… Et dans cette œuvre si éthérée, la nourriture joue un rôle essentiel. Sur le point de tomber amoureux, le couturier commande à sa future muse un petit déjeuner pantagruélique, comme un gouffre sensuel dans lequel il consentirait à sombrer. Dès lors qu’Alma lui pèse, en revanche, la moindre biscotte qu’elle fait craquer en y étalant du beurre lui apparaît comme une insulte à sa vie et à son art… Et puis, dans une scène confondante tant s’y révèle son talent, Paul Thomas Anderson — comme Hitchcock, jadis — fait de la préparation d’une omelette un moment où le temps semble se distendre, et de chaque bouchée, longuement mâchée, un suspense infini.

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Mais avec ce couple que l’art réunit et que le quotidien sépare, il a l’insolence de célébrer la passion, la démesure, l’amour fou qui se nourrit de tout, même du sadomasochisme, pour exister encore et toujours. Ce n’est pas « le bonheur dans le crime », cher à Barbey d’Aurevilly, qu’il exalte, mais la perte de soi pour mieux embraser l’amour de l’autre. Accepter de s’oublier, au risque de se perdre : François Truffaut avait évoqué ces tourments, jadis, dans La Sirène du Mississippi. Paul Thomas Anderson les porte jusqu’à l’incandescence.

What a delicious, marvellous movie, what a great amazing lovermoment beside you..

Publié dans:Cinéma |on 23 février, 2018 |Pas de commentaires »

Pentagon Papers….

Première femme directrice de la publication d’un grand journal américain, le Washington Post, Katharine Graham s’associe à son rédacteur en chef Ben Bradlee pour dévoiler un scandale d’État monumental et combler son retard par rapport au New York Times qui mène ses propres investigations.Le staccato des machines à écrire, le tintamarre des téléphones, la fumée des cigarettes, l’effervescent ballet des reporters, dans un désordre de bureaux surchargés : cette salle de rédaction, les cinéphiles la connaissent par cœur. ­Retour dans la ruche du Washington Post, qui a électrisé des générations, ­depuis Les Hommes du Président, d’Alan J. Pakula.

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En s’intéressant à ce « prologue » méconnu, Steven Spielberg réussit plusieurs films en un seul. Il traite brillamment le dossier politique, et son style même se fait sec, exaltant et nerveux, à la manière des grands films du Nouvel Hollywood des années 70 : c’est un hommage à l’histoire du cinéma autant qu’à la presse de l’époque, tant les deux médias représentèrent alors, chacun à leur manière, la sauvegarde de la démocratie contre un pouvoir abusif. Chaque scène, ou presque, est un morceau de bravoure. Y compris au sens propre : en publiant ces documents brûlants, Kay Graham et ses employés risquaient de tout perdre, de leur journal à leur propre liberté.

On devine, bien sûr, derrière la ­reconstitution, un plaidoyer très contemporain en faveur d’un contre-pouvoir indépendant et fort, plus ­nécessaire que jamais aujourd’hui.  Meryl Streep habite avec une étonnante douceur cette patronne atypique, tiraillée entre les exigences de son milieu, la haute société politico-financière et ses valeurs morales. Face à elle, Tom Hanks a rarement été aussi convaincant : son portrait de rédacteur en chef dur à cuire incorruptible et gouailleur ferait presque oublier Jason Robards, le Ben Bradlee du film de Pakula.

Spielberg, lui, n’oublie pas. Il termine son histoire là où commence Les Hommes du Président, le temps d’un ­fameux plan large et nocturne sur l’immeuble du Watergate. Manière élégante, futée et magistrale de raccrocher les wagons du mythe.

So many love papers between us, and more and more for ever, ily

 

Publié dans:Cinéma |on 6 février, 2018 |Pas de commentaires »

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