Archive pour janvier, 2018

3 Billboards…

Après des mois sans que l’enquête sur la mort de sa fille ait avancé, Mildred Hayes prend les choses en main, affichant un message controversé visant le très respecté chef de la police sur trois grands panneaux à l’entrée de leur ville. Folle de rage. Mais d’une rage froide. Calculée. Mildred Hayes (Frances McDormand) n’est pas du genre à jouer les hystériques dans un poste de police. Mais ce qu’elle veut dire, elle le dit. Et ce qu’elle a à faire, elle le fait. Louer, par exemple, trois panneaux plus ou moins abandonnés sur une route peu fréquentée à l’entrée de sa petite ville. Pour y inscrire un texte vengeur sur l’incapacité des flics à retrouver l’assassin de sa fille, violée et tuée quelques mois auparavant.

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Le film de Martin McDonagh ressemble à cet échange. Le réalisateur, un affreux jojo anglo-irlandais (lire Télérama no 3548) connu autant pour ses frasques que pour ses pièces provocatrices, a visiblement le sens du dialogue (« Tu sais ce qu’ils font des tafiottes à Cuba ? Ils les tuent ! — Tu es sûr que ce n’est pas plutôt dans le Wyoming ? »). Et le goût des personnages, qui ont l’infinie délicatesse de se révéler moins crétins qu’ils ne le paraissaient au départ. Curieux comme le réalisateur, peu familier de l’Amérique profonde, ait pu si crûment en décrire les individus, dans leur étrangeté, leur fragilité cachée. Sans doute, à partir d’un certain degré d’émotion et de souffrance, les petites gens de toutes les petites villes se ressemblent-ils : mus par les mêmes faiblesses, poussés aux mêmes éclats.

Frances McDormand dit s’être inspirée de John Wayne pour ce personnage. C’est Spencer Tracy qu’elle évoque, surtout, errant dans la bourgade d’Un homme est passé, de John Sturges (1955), à la recherche d’un ­Japonais lynché par les autochtones durant la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les autres, Mildred nage dans l’ambiguïté. Elle est obstinée, courageuse, emportée : que des qualités. Mais c’est tout de même loin d’être un cadeau : elle se révèle, aussi, ­égoïste, murée dans son chagrin au point d’ignorer celui des autres… Presque aussi bornée, en fait, que le flic réac qu’elle méprise…Le film se balade ainsi, comme en suspens, entre ombres évanouies et vivants inguérissables.

Exellent actors, excellent movie, excellent and lover afternoon beside you again and again, ily..

Publié dans:Cinéma |on 19 janvier, 2018 |Pas de commentaires »

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