Brooklyn Yiddish…

Borough Park, quartier juif ultra-orthodoxe de Brooklyn. Menashé, modeste employé d’une épicerie, tente de joindre les deux bouts et se bat pour la garde de son jeune fils Ruben. En effet, ayant perdu sa femme, la tradition hassidique lui interdit de l’élever seul. Mais le Grand Rabbin lui accorde de passer une semaine avec son fils ; l’ultime occasion pour Menashé de prouver qu’il peut être père dans le respect des règles de sa communauté. Hors norme. Menashe, l’antihéros de ce Brooklyn Yiddish n’avance pas dans les clous d’une culture juive très orthodoxe qui le ramène à sa « mauvaise » condition de célibataire.

La caméra de Joshua Z. Weinstein filme l’imposant Menashé (campé par un formidable non acteur!) prisonnier d’un micro-monde -les quelques blocs du Borough Park de Brooklyn- dans lequel il est bien trop à l’étroit. La caméra, resserrée sur les corps et les espaces confinés, paraît en apnée. Au centre du cadre, le héros pataud traîne la patte mais se redresse peu à peu dans un geste d’autodéfense, d’autodétermination et bientôt de survie, à mesure que l’étau se referme.

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Dans cette communauté où la notion de bien et de le mal est suspendue aux seules lèvres d’un vieux sage pas toujours très au fait, les traditions pèsent de tonnes. L’horizon est bouché. Le cadre s’élargit parfois comme par effraction laissant une lumière apocryphe éclairer le visage de Menashé et de son fils. Une telle maîtrise entre le fond et la forme, saluée un peu partout (Sundance, Deauville, Berlin) est en tous points bluffante. On va désormais suivre le travail de Joshua Z. Weinstein de très près.

L’hébreu est une langue sémitique (pensez amharique), tandis que le yiddish fait usage de l’allemand (entre autres langues) mots avec une prononciation très particulière (tracée aux Juifs ashkénazes). Tourné en Yiddish.

Le judaïsme hassidique ou hassidisme (hébreu : חסידות ‘Hassidout, « piété » ou « intégrité », de la racine חסד « générosité », yiddish : חסידיש ‘Hassidiche) est un mouvement de renouveau religieux, fondé au XVIIIe siècle en Europe de l’Est. Ses origines idéologiques et historiques sont généralement associées à Isra’el ben Eli’ezer, connu sous le nom de Ba’al Shem Tov (« Maître du Bon Nom » ; acronyme « Besht »), et à ses enseignements. Par rapport aux autres haredim, les hassidim insistent particulièrement sur la communion joyeuse avec Dieu, en particulier par le chant et la danse. Autre spécificité, le rebbe dirigeant une communauté hassidique accède à son poste par voie héréditaire, et porte fréquemment le titre d’Admor אדמור (acronyme de adoneinou, moreinou verabbeinou : « notre seigneur, maître et rabbin »).

Shalom, iny, ify, ily, i miss you

Publié dans : Cinéma |le 10 novembre, 2017 |Pas de Commentaires »

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