Archive pour septembre, 2017

Faute d’amour….

Plus son œuvre se construit, plus l’auteur d’Elena et de Leviathan affine sa capacité à donner à ses récits une dimension politique sous-jacente, jamais pesante, critique sociale en même temps que constat philosophique sur la violence plus ou moins insidieuse du pouvoir et de la norme. Avec Faute d’amour, prix du jury du dernier Festival de Cannes, il réussit l’un de ses films les plus implacables. La famille, dont la désagrégation chez Zviaguintsev est toujours le symbole d’un dysfonctionnement collectif autrement plus ample, est à nouveau au centre de ce récit qui commence dans l’âpre banalité d’un divorce. Boris et Genia, la trentaine bien entamée, n’ont plus rien d’autre en commun qu’un appartement, qu’ils cherchent à vendre pour recouvrer, chacun de leur côté, une pleine et entière liberté. Et un fils unique, Aliocha, fruit encombrant d’un amour disparu dont aucun des deux ne veut assumer la responsabilité, disparaît.

faute1

faute2

Lien vidéo

Entouré de ses fidèles scénariste et chef opérateur, Oleg Negin et Mikhaïl Kritchman, Andreï Zviaguintsev signe un film saisissant de bout en bout, qui happe le spectateur sans le contraindre à suivre par une vile manipulation. Le suspense, chez lui, n’est pas affaire de ressorts scénaristiques, mais de fatum lié à la condition d’être humain, avec ce que cela signifie de lâcheté etDe ce point de vue, Faute d’amour est à voir comme une critique des effets mortifères d’un individualisme forcené, avec ses obsessions matérialistes et sa propension à faire table rase de ce qui préexiste. Une sorte de déclinaison, au cœur de la cellule familiale, du mantra capitaliste de la destruction créatrice – avec la même négation de l’être en général, du plus faible en particulier.

What a great wonderful movie, what a delicous moement beside you, ily

Publié dans:Cinéma |on 22 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Que Dios nos perdone….

Deux étranges policiers traquent un tueur de vieilles dames. Surchauffé. Il se passe un petit truc en ce moment avec le cinéma de genre espagnol. Après La Isla mínima, La Colère d’un homme patient et L’Homme aux mille visages, voilà un nouveau film noir fort en gueule, porté par une mise en scène énergique, des acteurs hyper bons et un ancrage puissant dans la réalité du pays. Situé dans le contexte de la crise économique qui ravage l’Espagne depuis 2008,Pendant que la jeunesse catholique communie dans l’allégresse et que la gauche espagnole se réinvente collectivement sur la Puerta del Sol Que Dios nos perdone nous attache aux basques d’un duo de gardiens de la paix sur la trace d’un tueur de vieilles dames bigotes. Très vite, il apparaît que le cinéaste s’intéresse autant à la personnalité des deux policiers qu’à la traque : l’un est cérébral, bègue, un peu zarbi, l’autre est colérique, impulsif et violent, les deux semblant incarner une version du machisme espagnol, mais aussi une société en plein chaos où les flics semblent devenir (presque) aussi tarés que les serial-killers.

Quedios2

Quedios1    Lien Vidéo

Très vite, il apparaît que le cinéaste s’intéresse autant à la personnalité des deux policiers qu’à la traque : l’un est cérébral, bègue, un peu zarbi, l’autre est colérique, impulsif et violent, les deux semblant incarner une version du machisme espagnol, mais aussi une société en plein chaos où les flics semblent devenir (presque) aussi tarés que les serial-killers.Tout surchauffe ici : la météo, le climat social, les troubles freudiens, les personnages, et le style de Sorogoyen, tendu, fébrile, physique, presque transpirant, branché à cent mille volts sur la rue madrilène, comme s’il y avait du Scorsese en lui. Après avoir longtemps et volontairement dissimulé l’Histoire sous le formalisme, les films policiers n’hésitent plus à inscrire l’enquête criminelle dans le contexte politique et social du pays où elle se déroule.[...]

Abla poco spagna per tu te quero mucho..

 

Publié dans:Cinéma |on 8 septembre, 2017 |Pas de commentaires »

Theyounglife |
thegoodcritic |
Flamenco y Co... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Restructuration d'Espa...
| Festival Ado #5
| Histoiredelartedna