Song to Song…

A Austin, au Texas, le festival South by Southwest, où se retrouvent régulièrement de grands noms du rock, bat son plein. C’est dans cet environnement fiévreux que se croisent les destinées de deux couples, Faye et le chanteur BV, et Cook, magnat de l’industrie musicale, et Rhonda, serveuse…Comme un manifeste, le titre (« Chanson après chanson ») évoque, dans un style lyrique, la discontinuité des expériences humaines. Et la troupe réunie par le cinéaste frôle, cette fois, la perfection : Michael Fassbender, Ryan Gosling, Natalie Portman et Rooney Mara pour les rôles principaux, plus Cate Blanchett dans quelques scènes. Ces acteurs, à la fois sensuels et cérébraux, apportent, autrement que Ben Affleck et Christian Bale dans les deux films précédents, du trouble, de l’émotion, du vertige. Au centre de Song to song, il y a donc un quatuor à Austin, Texas (la ville de Malick), un peu comme il y a, en littérature, Le Quatuor d’Alexandrie, de Lauwrence Durrell, sur les amours croisées de deux femmes et deux hommes. Tout un faisceau de sentiments et de désirs circule entre un ­producteur de musique, prédateur tourmenté (Michael Fassender), des artistes inconstants, en quête d’une carrière (Rooney Mara et Ryan Gosling) et une enseignante déclassée ­(Natalie Portman), serveuse de hasard. Un couple se forme, où l’attraction et l’ambition se mêlent inextricablement. Puis cette union devient trio, utopie érotique bientôt brisée. Des alliances se recréent ou naissent. Chacun persiste dans une quête, amoureuse et existentielle, qui lui reste en partie indéchiffrable.

STS1

STS2

STS3   Lien vidéo

La question qui taraude l’héroïne jouée par Rooney Mara est celle de son identité, de son âme, au-delà du morcellement de sa vie. Sur ce terrain de la dissolution de l’être, la mise en scène de Malick atteint des sommets, à la fois hyper fluide (par la mobilité de la caméra) et ultra fragmentée (par le découpage). Du monde particulier de la musique et de la scène à Austin, qu’il filme en documentariste (Iggy Pop et Patti Smith apparaissent dans leur propre rôle), il tire un flux d’instantanés sur les mêmes thèmes : évanescence des passions, relativité des vocations, fragilité des êtres.Dans ce laboratoire de cinéma, où la fiction prolifère sans limites (un montage initial durait plusieurs heures), la fin a tout d’une concession (la seule) aux lois de la narration classique. De fait, elle paraît simpliste.

Song to song, day to day  ily more..

Publié dans : Cinéma |le 21 juillet, 2017 |Pas de Commentaires »

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