Archive pour juin, 2017

Grand froid…

La mort devient drôle dans Grand froid de Gérard Pautonnier. Pour ce premier film, Jean-Pierre Bacri et Arthur Dupont sont les employés d’une entreprise de pompes funèbres au bord de la faillite dirigée par Olivier Gourmet. Un cadavre inespéré à « livrer » dans un cimetière paumé va les entraîner le temps d’un road-movie en corbillard au cœur de paysages gelés. De quoi trouver le temps d’échanger leurs vues sur la vie et la mort entre deux rebondissements cocasses…Cette fantaisie macabre est servie par deux comédiens extrêmement complices dont les rapports père-fils sont soulignés avec beaucoup de tendresse. L’humour est sombre, mais il n’y a rien de glauque dans cette histoire inspirée du roman Edmond Ganglion et fils de Joël Egloff (Gallimard), dont l’atmosphère n’est pas sans rappeler celle des œuvres d’ Aki Kaurismäki.

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Dans Grand froid, le rire est un réflexe de défense face à la peur de la mort. Cela fait un bien fou de s’amuser de quelque chose d’effrayant et c’est intéressant d’entendre ce type de réaction dans la salle. Le tournage s’est tourné en partie en Pologne, pour ses immenses plaines enneigées. «  Je voulais un paysage figé où on se perd facilement. Le froid est un personnage, inquiétant et dangereux  », insiste Gérard Pautonnier. Pari réussi : on plonge dans une ambiance drôle et inquiétante, lointain héritage du Fargo des frères Cohen. Un rythme lent avec des situations poussées à l’extrême, hilarantes. On veut aller jusqu’au bout avec ces personnages un peu dingues. De toute façon, comme le dit Georges, «  un corbillard ne fait jamais demi-tour  ».

Wonderful, delicious movie, i have seen your smile all day long, thanks a lot, ily..

Publié dans:Cinéma |on 30 juin, 2017 |Pas de commentaires »

Creepy….

Kurosawa est redevenu aussi prolifique et constant dans l’excellence que Hong Sangsoo, mais dans le registre très différent du cinéma de genre, Creepy s’inscrivant dans sa veine la plus féconde, celle du serial-killer. Takakura et Yasuko emménagent dans un nouveau quartier. Lui est prof de criminologie et conseiller sur une affaire de mystérieuse disparition. Elle est femme au foyer, passionnée de cuisine et de bon voisinage (on se croirait dans Frenzy d’Hitchcock). Et justement, leur plus proche voisin, Nishino, a une maison peu avenante et un comportement étrange qui n’obéit pas du tout aux normes de courtoisie en vigueur. Il faut dire que ce personnage est interprété par Teruyuki Kagawa, cet acteur au visage inquiétant, mélange de beauté et de laideur, d’expressionisme et d’opacité, qui sévissait déjà dans Tokyo Sonata ou Shokuzai.

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Une fois de plus, Kurosawa déploie un talent incomparable pour plonger le spectateur dans une tension anxiogène, à partir d’un minimum d’effets. Une disparition, un voisin qui ne cadre pas avec la norme sociale, suffisent à semer le doute et à empoisonner le tissu a priori banal du quotidien. Comme Tourneur ou Lynch, Kurosawa est capable de filmer une façade de maison, un jardin, une porte, en suscitant trouille et suspense, en suggérant que sous la surface quotidienne et rassurante des choses se produisent des horreurs innommables. Et de fait…Difficile de cerner exactement l’endroit où un cinéaste échoue ou parvient à susciter l’effroi, mais avec le bien nommé Creepy, la réussite est totale. Le personnage joué par Kagawa est un salaud pervers de forte magnitude. La plus grande inquiétude distillée par ce film, c’est de nous dire que le mal est toujours plus proche de soi qu’on ne le croit.

You, me alone together, have no fear i am here, ilyp

Publié dans:Cinéma |on 16 juin, 2017 |Pas de commentaires »

L’amant double….

Chloé, une jeune femme fragile, en proie à la dépression, suit une psychothérapie auprès de Paul, dont elle ne tarde pas à tomber amoureuse. Les mois passent et les jeunes gens s’installent ensemble. Mais Chloé découvre bientôt que son compagnon a totalement occulté une partie de son existence…François Ozon est l’un des rares cinéastes actuels — le seul, peut-être — à distiller, de film en film, l’idée déconcertante que ses images mentent. Qu’elles peuvent tromper, en tout cas. Au spectateur de sortir de la passivité que le cinéma exige le plus souvent pour les ­déchiffrer, les questionner. Avec Ozon, on a (presque) toujours deux films pour le prix d’un : celui qu’il exhibe, avec des tours de passe-passe visibles, comme pour rassurer ses détracteurs qui veulent ne voir en lui qu’un styliste super­ficiel. Et celui qu’il tisse en douce, qu’il dissimule comme dans un palimpseste, destiné aux « happy few » chers à Sten­dhal, pour qui l’apparence est un piège.

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Inspiré d’un court roman de Joyce Carol Oates, L’Amant double est l’aboutissement de cette dualité permanente. Côté spectacle, des références cinéphiliques évidentes : des jumeaux sortis de Soeurs de sang, de Brian De Palma, des entrelacs d’escaliers vertigineux, comme chez Alfred Hitchcock, des secrets derrière la porte, comme chez Fritz Lang, des animaux inquiétants à la Jacques Tourneur, et une voisine étrange et envahissante comme la sorcière de Rosemary’s Baby, de Roman Polanski. Emprunts assumés, magnifiés par une mise en scène volontairement voyante et sophistiquée, qui insuffle vite une douce mais suffocante sensation de malaise. La peur que l’on éprouve au début d’un cauchemar à peine amorcé, devant un danger présent, mais invisible. Tout se brouille, la réalité se dérobe, l’univers devient cotonneux, spongieux, visqueux presque…Une fois de plus, Ozon filme un parcours de femme. A l’opposé de celui, rassurant, entrepris par l’héroïne de Frantz, le périple de Chloé est cru, cruel, brutal. Jamais dans ses films précédents le cinéaste n’avait approché ses personnages avec une telle élégance froide, une telle précision clinique. Conforme, sans doute, à l’idée qu’il se fait de l’humanité souffrante : un monde de névrosés, cabossés et fragiles, séduisants et séducteurs, à jamais inguérissables…
You are my twinlover, my twinlifer. Biutiful day beside you..

 

Publié dans:Cinéma |on 2 juin, 2017 |Pas de commentaires »

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