Archive pour mars, 2017

Sage femme…

Belle surprise : la simplicité… Dès le générique, on la savou­re : écrits en grand, les prénoms mettent en retrait les noms. Voici Catherine et Catherine dans un film de Martin. Un film guidé, de bout en bout, par le désir d’être tout simplement dans la vie. Il s’ouvre sur une scène d’accouchement : Catherine (Frot) pose sur le ventre de la mère le bébé qui vient de naître et met du même coup au monde son personnage : Claire, sage-femme à Mantes-la-Jolie. Sage, la fem­me que joue Catherine (Deneuve) ne l’a jamais été : Béatrice est une flambeuse qui a misé sur tous les plaisirs. L’une a vécu dans l’insouciance, l’autre dans le sérieux. Entre elles, Martin Provost, cinéaste doublé d’un écrivain, noue des relations mouvementées, mais aussi un lien secret, vital… Dans l’histoire de la tranquille Claire, Béatrice bouleverse tout depuis toujours. Elle a aimé son père, puis s’est volatilisée, elle formait avec eux une famille et elle l’a trahie. La voilà qui resurgit du passé, pour annoncer qu’elle va mourir d’une tumeur au cerveau et qu’elle aimerait, avant, revenir au temps des jours heureux.

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Martin Provost raconte bien plus qu’une réconciliation dans la tendresse. A travers Claire et Béatrice, il dit l’impor­tance d’être au rendez-vous de notre propre bonheur : savoir ce qui nous soutient, qui on aime et qui nous aime, et en être reconnaissant. Cette leçon de vie fait vibrer une émotion profonde. La musique de Grégoire Hetzel se pose en belle harmonie sur une mise en scè­ne qui trouve sa force dans la modestie. La délicatesse qui porte tout le film n’est jamais soulignée. Mais elle entoure d’affection les personnages et leurs interprètes, particulièrement, bien sûr, les deux Catherine. Elles sont tout à la fois romanesques et vraies, plus natures et plus brillantes que jamais. Sweet and wonderful lessons of life, beside you too, ILY.

Publié dans:Cinéma |on 31 mars, 2017 |Pas de commentaires »

L’autre côté de l’espoir…

Helsinki. Deux destins qui se croisent. Wikhström, la cinquantaine, décide de changer de vie en quittant sa femme alcoolique et son travail de représentant de commerce pour ouvrir un restaurant. Khaled est quant à lui un jeune réfugié syrien, échoué dans la capitale par accident. Il voit sa demande d’asile rejetée mais décide de rester malgré tout. Un soir, Wikhström le trouve dans la cour de son restaurant. Touché par le jeune homme, il décide de le prendre sous son aile.

Dans la note d’intention du film, le réalisateur finlandais Aki Kaurismäki explique avoir voulu manipuler les émotions des spectateurs pour une noble cause, celle de l’accueil des migrants en Finlande. C’est peu d’écrire qu’il a atteint son but : non seulement «L’autre côté de l’espoir» est une fable poétique souvent irrésistible comme lui seul sait les écrire, mais il nous questionne aussi sur le sort que l’on réserve aux réfugiés dans nos (riches) pays occidentaux, appuyant là où cela nous fait mal, cette gêne coupable que l’on éprouve toujours quand un tribunal renvoie dans son pays d’origine un homme (ou une femme) qui a risqué sa vie pour quitter l’Enfer.

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Dans «De l’autre côté de l’espoir», deux récits s’entrechoquent : le premier est du Kaurismäki pur Salmiakki, avec ce représentant de commerce qui quitte sa femme alcoolique, joue et gagne au poker pour acheter un restaurant miteux de la capitale – le rêve finlandais en quelque sorte. Le spectateur-fan est dans ses petits chaussons : la mise en scène façon faux-sitcom décalé fait des merveilles et la musique nostalgique nous donne envie de danser jusqu’au bout de la nuit sur un air de rockabilly. Et puis, au milieu de la nuit, un homme se dresse au milieu d’un tas de charbon – l’une des images les plus fortes de l’année. Cet homme c’est Khaled, un jeune garçon d’Alep qui se bat depuis des semaines et des mois pour retrouver la trace de sa sœur, qui a tenté, comme lui, de prendre le chemin de l’exode. Toute sa trajectoire vous serrera le cœur, de son amitié avec un réfugié irakien, à cette scène, sublime, où il s’empare d’un Oud pour chanter le blues de son pays. Et si le raccord entre les deux parties paraît un peu artificiel, il s’en dégage une telle humanité, une telle empathie, que l’on a envie d’aider son prochain et de prendre la vie toujours du bon côté, malgré les coups de couteau et les mauvais sushis au hareng.

On the other side of the bridges there is always hope, biutiful day beside you, ilyp

Publié dans:Cinéma |on 17 mars, 2017 |Pas de commentaires »

Les fleurs bleues…

Le portrait d’un peintre « résistant », homme torturé, à la douleur âprement camouflée, dans la Pologne communiste des années 1950.

Le dernier film de Wajda, comme une mise en miroir tragiquement réelle. Les Fleurs bleues sont un testament sec et cruel, bouleversant de non-dits. Il emporte, grâce à la détermination obstinée de son personnage principal, Wladyslaw Strzeminski, saisi dans la Pologne de 1948 à 1952. Un peintre d’avant-garde mutilé par la guerre, respecté par ses pairs depuis la fin des années 1920, révéré par ses élèves auxquels il enseigne fiévreusement sa théorie de l’image à l’école d’arts plastiques de Lodz. Lorsque le pays tombe sous la coupe du Parti communiste, à l’exemple de l’URSS de Staline, l’enfer commence. L’art doit se plier au réalisme socialiste. Strzeminski, comme Wajda en son temps, n’est pas du genre à se soumettre aux diktats.

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Bronislawa Zamachowska, personnages 
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Le portrait d’un peintre « résistant », homme torturé, à la douleur âprement camouflée, dans la Pologne communiste des années 1950.

Le dernier film de Wajda, comme une mise en miroir tragiquement réelle. Les Fleurs bleues sont un testament sec et cruel, bouleversant de non-dits. Il emporte, grâce à la détermination obstinée de son personnage principal, Wladyslaw Strzeminski, saisi dans la Pologne de 1948 à 1952. Un peintre d’avant-garde mutilé par la guerre, respecté par ses pairs depuis la fin des années 1920, révéré par ses élèves auxquels il enseigne fiévreusement sa théorie de l’image à l’école d’arts plastiques de Lodz.  Lorsque le pays tombe sous la coupe du Parti communiste, à l’exemple de l’URSS de Staline, l’enfer commence. L’art doit se plier au réalisme socialiste. Strzeminski, comme Wajda en son temps, n’est pas du genre à se soumettre aux diktats.

La silencieuse détresse de l’artiste

Le régime se charge de le broyer. Il résiste. L’acteur de L’Homme de fer et de Danton, Boguslaw Linda, lui prête ses traits. Il donne une dimension héroïque, romantique, à cet homme torturé, à la douleur âprement camouflée. Ne pas s’effondrer, jamais, continuer à distiller sa vision. Presque chaque plan est un tableau sépia, enfumé par les cigarettes de Strzeminski, assombri par la lumière chiche de son appartement-atelier.

Deux crépuscules s’entremêlent. Celui du peintre et celui du réalisateur, chacun censuré à son époque mais tenant tête aux pressions, chacun oeuvrant à l’ombre de la mort. Andrzej Wajda est décédé fin 2016. L’ultime scène de son film est à pleurer de justesse, par sa silencieuse détresse.

Biutiful, wonderful movie. Blue flowers for you my tenderlover..

Publié dans:Cinéma |on 3 mars, 2017 |Pas de commentaires »

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