La la land….

Epoustouflante scène d’ouverture sur une bretelle d’autoroute saturée de Los Angeles, direction Hollywood, où les deux héros n’apparaissent que tardivement. Des dizaines d’automobilistes sortent de leur véhicule et se mettent à danser au soleil, à chanter leur joie, leur enthousiasme pour leur ville et sa spécialité, le show-business. Au vu de cette kyrielle de personnages, on pourrait croire à un film choral — en plus d’être (souvent) chanté. Fausse piste. La La Land se resserre sur Mia et Seb. Mais reste, pendant plus de deux heures, formidablement pluriel et foisonnant. L’énergie de Damien Chazelle, 32 ans, le pousse à toutes sortes d’acrobaties de mise en scène et de montage, mais aussi à traquer la multiplicité des sentiments et des émotions derrière chaque situation. L’aspirante comédienne repart vaincue et blessée d’auditions où elle brille pourtant. Le pianiste qu’interprète Ryan Gosling avec une classe incomparable se bat pour ses projets, mais il se sait obsédé par une musique (le jazz pur et dur) en voie d’extinction, ou déjà disparue. Il vit seul, encombré de reliques liées à sa passion, dans un appartement-mausolée.

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L’histoire d’amour elle-même change sans cesse de tonalité. Comme à l’âge d’or de la comédie hollywoodienne, Mia et Seb s’agressent d’abord mutuellement chaque fois qu’ils se rencontrent. Pour ces amants artistes, il y a quelque chose de plus attirant, de plus grand que leur amour, et même que leur art : le rêve. Celui qu’ils se font d’eux-mêmes, de leur histoire, de leur avenir. Fantasmer le bonheur fait déjà leur bonheur. Los Angeles est la ville qui transforme chaque moment banal en scène de cinéma, la chambre d’écho magique qui fait basculer le quotidien vers la fiction la plus radieuse.

Ce tourbillon de chansons et de numéros dansés ambitionne de retrouver le lustre d’un Hollywood légendaire. Ryan Gosling et Emma Stone ont travaillé de longs mois leur chant et leur danse, une fragilité émouvante dément, par instants, leur professionnalisme. Tout comme l’optimisme américain du film se laisse lézarder par la mélancolie. Au pays de Chantons sous la pluie, référence glorieuse, indépassable, Damien Chazelle le conquérant donne libre cours à son goût pour Jacques Demy.

La, la, la Ilyp, la, la, la, ily mty..

Publié dans : Cinéma |le 17 février, 2017 |Pas de Commentaires »

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