Neruda…

A la fin des années quarante, le poète communiste chilien Pablo Neruda, amateur de femmes et de fêtes, est déclaré traître au régime populiste en place. Le président Vileda. Avec son épouse, l’exubérant Neruda, défenseur de la classe ouvrière, doit fuir, se cacher. L’inspecteur Oscar Peluchonneau se lance à sa poursuite. Il commente en voix off l’étrange jeu de cache-cache, des coulisses du pouvoir de Santiago à la cordillère des Andes. A chaque fois qu’il pense pouvoir attraper l’homme de lettres, celui-ci est déjà loin.

Neruda1

Neruda21   Lien vidéo

A la fin des années 1940, le poète communiste chilien Pablo Neruda est déclaré traître au régime populiste en place. Il doit fuir, se cacher… Cet épisode bien réel — du moins le début de la cavale, entre 1947 et 1949 — inspire au réalisateur Pablo Larraín un grand poème visuel, fait de scènes courtes, insolites, caustiques et rêveuses. Neruda se déguise et déclame des vers dans une soirée mondaine. Neruda se moque d’un adversaire politique dans une pissotière. Neruda s’échappe de sa cachette pour une nuit dans un bordel… C’est le comédien Luis Gnecco qui habite ce rôle écrasant, avec une légèreté, une rondeur et un charisme étonnants. Dans cet anti-biopic éblouissant, le cinéaste détricote tout et, d’abord, la figure du grand homme. Il s’agit moins de montrer les faits que les effets : l’imaginaire de Neruda, son impact sur tout un peuple, sa puissance créatrice s’échappent, débordent, truquent le réel, dévient la narration.

De Santiago 73, post mortem à El Club, en passant par No, on connaissait la noire dérision de Pablo Larraín, son goût pour les tranches d’humanité découpées au scalpel. S’il garde toute son ironie, s’il s’amuse, par moments, à déguiser son film en polar à l’ancienne, il se laisse aussi emporter comme jamais, enivré par le souffle épique du sujet. Là où la plupart de ses autres récits se tapissaient dans le froid et la pénombre, celui-ci est inondé de lumière rousse, vibre d’une chaleur romanesque. Sur ce tableau fantasque et libre d’une époque où les poètes étaient plus grands que la vie, où ils promettaient, avec une confiance effrontée, des lendemains fraternels, plane aussi l’ombre de la dictature.

Mes mots pleuvaient sur toi ainsi que des caresses.
Depuis longtemps j’aimai ton corps de nacre et de soleil.
L’univers est à toi, voilà ce que je crois.
Je t’apporterai des montagnes la joie en fleur des copihués
avec des noisettes noires, des paniers de baisers sylvestres.

Je veux faire de toi
ce que fait le printemps avec les cerisiers.
TQM

 

 

Publié dans : Cinéma |le 20 janvier, 2017 |Pas de Commentaires »

Vous pouvez laisser une réponse.

Laisser un commentaire

Theyounglife |
thegoodcritic |
Flamenco y Co... |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Restructuration d'Espa...
| Festival Ado #5
| Histoiredelartedna