Archive pour décembre, 2016

Manchester by the sea…

Séparée de son épouse Randi, Lee travaille comme concierge dans une ville aussi éloignée que possible de l’endroit où il a grandi. Sa vie est bouleversée quand Joe, son frère aîné, décède brutalement d’un infarctus. Dans son testament, Joe désigne Lee, dévasté par le chagrin, comme le tuteur légal de son neveu, Patrick, un jeune homme de 16 ans. Père de trois enfants, Lee n’est pas du tout préparé à cette nouvelle responsabilité. D’autant qu’elle implique un déménagement et un retour dans une ville où il a des souvenirs douloureux. Patrick, qui se partage entre deux petites amies et son groupe de rock, a dû mal à accepter son nouveau tuteur…Pour les Américains de la côte Est, Manchester by the Sea est un port de pêche et une station balnéaire. Mais pour le héros trentenaire, Lee, c’est un champ de ruines. Homme à tout faire dans une boîte de plomberie, en banlieue de Boston, il a fui le monde de sa jeunesse. A la mort de son grand frère, il doit pourtant reprendre en urgence la route de son village natal, où il est désigné tuteur de son neveu adolescent. Un voyage dans le passé commence : Lee revient sur les lieux de l’effroyable tragédie qui a détruit sa vie et l’a lesté à jamais d’un sentiment de culpabilité.

Manchester1  Manchester2   Lien vidéo

La beauté presque classique de Manchester by the Sea évoque ces drames destinés à un public adulte, que Holywood produisait encore jusque dans les années 1980, avec des Al Pacino, Dustin Hoffman, Robert De Niro…Casey Affleck (petit frère de Ben, qui se laisse étrangement oublier entre deux grands rôles) est l’acteur fascinant qui donne au film sa dignité. Alors que tout, rencontres et réminiscences, devrait provoquer des torrents de larmes ou des cris de douleur chez Lee, le comédien résiste, lointain, impassible. C’est une éthique de jeu (on l’a souvent vu ainsi intériorisé), mais qui, en l’occurrence, dessine un personnage endurci jusqu’à l’os, minéralisé par le chagrin, sans plaisirs ni désirs. Le contraste est saisissant avec l’expressivité de Michelle Williams (l’ex-femme de Lee), toujours au bord des pleurs derrière le masque de la résilience. La galerie des endeuillés recèle un autre spécimen passionnant : l’adolescent désormais sans père (l’excellent Lucas Hedges, vu chez Wes Anderson), dont Lee est supposé devenir le tuteur. Ce neveu se montre cynique, revêche, tout occupé à sa collection de copines et à une sexualité compulsive, avant une volte-face remarquablement imprévisible et émouvante, moment de bascule du récit… Car Manchester by the Sea dépasse la chronique d’un retour au pays. Au-delà de son ancrage réaliste — communauté de marins prolétaires, lumière hivernale —, c’est bien un conte. A la fois rugueux et lyrique. Ouvert sur le seul horizon que méritent tous ces personnages fracassés : la consolation.

Marvellous sensations beside you, another great souvenir, ily..

 

Publié dans:Cinéma |on 16 décembre, 2016 |Pas de commentaires »

Louise en hiver….

C’est la fin de l’été et la station balnéaire de Biligen-sur-Mer va bientôt se vider de ses touristes. Louise, une retraitée discrète, est assise sur la plage. Elle regarde les enfants jouer et profiter de leurs vacances. En prenant des notes dans son journal, elle se rappelle l’hiver dernier, quand la ville était déserte. C’est alors qu’elle se rend compte qu’elle a manqué le dernier train. Louise ne peut plus partir et tel Robinson Crusoé, elle va s’organiser une vie en solitaire en compagnie d’un chien. Comme par magie, l’animal commence à lui parler. Elle en profite pour lui raconter sa jeunesse dont elle se souvient avec nostalgie…Mais de quoi se souvient exactement Louise ? « On a sûrement dû me marier. J’ai eu des enfants et des petits-enfants, sans doute… » soliloque-t-elle, avec la voix à la fois vigoureuse et un peu flottante de l’étonnante Dominique Frot. Ses souvenirs sont comme la marée : ils se retirent, puis reviennent. Et peut-être même a-t-elle perdu la tête depuis longtemps…La magie du film est dans ce délicat mystère existentiel, ce temps sus­pendu troué de flash-back et de rêves surréalistes.

Louise en hiver, Affiche  Louise2   Lien vidéo

 

Louise représente toutes les vieilles dames qui marchent à petits pas dans le monde et que l’on croise sans y prêter attention. Sans penser une seconde qu’un jour elles ont été jeunes, amoureuses ou cruelles. Cette impression d’éternité, de merveilleux flottement vient, aussi, du dessin de Jean-François Laguionie. Quand tous les studios du monde se repaissent de couleurs et de technologie, cet héritier de Paul Grimault peint comme on respire et capte l’essence d’une existence et d’un décor avec des pastels et de la gouache. Grains du papier, grains de sable, vie égrenée en jaune soleil d’hiver et en bleus qui se grisent par vagues : chaque image vibre. L’avenir de Louise ? Tel le cow-boy solitaire, elle a l’horizon devant elle. Et maintenant, elle est armée pour le prochain hiver. Dans une décharge d’objets abandonnés, elle a trouvé un couteau suisse, avec toutes les options habituelles… plus une : il fait aussi pinceau. —

Hope you have had a dilicious moment alone together, ily…

 

Publié dans:Cinéma |on 2 décembre, 2016 |Pas de commentaires »

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