Archive pour novembre, 2016

Le client…

Avec une régularité de métronome, Asghar Farhadi continue de proposer ses histoires en forme de contes moraux (même si l’on est ici très loin de Rohmer), dépeignant la société iranienne et particulièrement sa classe moyenne. Le Client est ainsi emblématique de la principale force de son cinéma : un récit extrêmement touffu, riche en fausses pistes, virages et retournements divers qui font passer les personnages par tout l’arc du bien et du mal.  Ainsi, Le Client démarre comme un film catastrophe, se poursuit par une paisible chronique du déménagement sans saillie spectaculaire, puis survient le fait divers dont on met un peu de temps à comprendre la teneur exacte, avant d’arriver à la question centrale du film, après une quarantaine de minutes : comment Emad et Rana, bourgeois éduqués et cultivés, vont-ils réagir à l’agression, fut-elle minime et résultant d’un mauvais quiproquo, et comment vont-ils traiter le “client” ?

Client1  Client2   Lien vidéo

La façon dont Farhadi déploie les multiples couches de son récit est assez prenante du strict point de vue dramaturgique. On ne sait pas toujours où le film nous emmène, on est happé par ses changements de direction et sur le qui-vive en attendant le prochain tournant. A travers ce récit s’élabore le portrait nuancé de bourgeois iraniens contemporains, très éloigné de l’image réductrice des couples avec la femme en tchador qu’on a parfois pour ce pays. Hormis son foulard, Rana ressemble à n’importe quelle femme occidentale, maquillée et élégamment vêtue ; le couple est cultivé et répète Mort d’un commis voyageur d’Arthur Miller, une pièce américaine, donc.

Le film explore aussi la question de l’honneur, du machisme culturel, de l’écart entre la loi de la pulsion et l’état de droit. Le regard de Farhadi est subtilement féministe, lorsqu’il fait apparaître des dissensions entre Rana et Emad sur la teneur de la réplique au “client” : le mari est le plus tribal et tripal, alors que la femme aimerait juste tourner la page. Il est dommage que la partie finale alourdisse le film par une situation à la fois pénible en soi, pesamment démonstrative et mécanique par son retournement binaire. Jusqu’à ce clou moralisateur trop lourdement enfoncé, Farhadi avait confirmé son talent d’efficace storyteller et de remarquable directeur d’acteurs.

Amazing movie, great sunday, delicious moment beside you as usual, ily

Publié dans:Cinéma |on 18 novembre, 2016 |Pas de commentaires »

Paolo Fresu, Omar Sosa, Trilok Gurtu

Lundi  31 ocobre 2016…

Paolo Fresu – Omar Sosa – Trilok Gurtu : trois des ténors les plus talentueux du jazz actuel s’unissent pour un trio haut en couleurs et en sons :

- Paolo Fresu, le célèbrissime trompettiste sarde à l’interprétation si personnelle et vibrante,
- Omar Sosa, le pianiste et compositeur cubain aux performances éclatantes tant en jazz qu’en musiques afro-cubaines
- Trilok Gurtu, le percussionniste indien dont la virtuosité a accompagné les plus grands, de Joe Zawinul à John Mac Laughlin.

La rencontre de ces trois «forts en jazz» est une des plus belles surprises de l’année. Leaders charismatiques, éprouvés à toutes les aventures sur des terrains musicaux ouverts au monde, compagnons de route des plus importants créateurs contemporains, les voilà réunis pour notre grand bonheur dans un projet sans contrainte où fusionnent librement leurs riches univers. Un véritable kaléidoscope sonore qui nous emporte dans une transe hypnotique d’un genre nouveau.

Fresu21  Fresu1   Lien vidéo

Omar SOSA

Musicien migrateur omni-présent sur les scènes du monde entier depuis une quinzaine d’année, il multiplie les expériences aux frontières des musiques Caribéennes, d’Afrique et d’Amérique du sud. Il invente un son urbain d’une rare fraîcheur.

Paolo FRESU

La sonorité pleine, claire, tranquille et joyeuse de Paolo Fresu fait de ce grand trompettiste Sarde une voix immédiatement identifiable. Il est sans contexte le trompettiste le plus en vue de la scène Européenne, qui ne manque pourtant pas de talents.

Trilok GURTU

Virtuose indien de la percussion, il a été qualifié par un journaliste de la BBC de « serial collaborator ». John Mc Laughlin, Jan Garbarek, Dave Holland, Neneh Cherry, Omara Portuendo, Pat Metheny, Annie Lennox, tous ont trouvés en lui un musicien d’exception, proposant de nouvelles voies. Il sait être un rythmicien implacable et extrêmement spectaculaire au swing magistral ou un coloriste imaginatif. Ces incantations quasi chamaniques trouvent des échos naturels dans ce projet bâti pour durer.

 

Et puis est monté sur scène un trio atypique. Composé du talentueux et décontracté trompettiste sarde Paolo Fresu, du facétieux pianiste cubain Omar Sosa et de l’inventif percussionniste indien Trilok Gurtu, on pouvait s’attendre à des surprises. Nous n’avons pas été déçus. Entre ces trois-là c’est plus que de la connivence. Ils sont un peu comme trois gamins heureux de se retrouver pour se jouer les uns des autres. Les rythmes cubains de Sosa flirtent avec les incantations quasi chamaniques de Gurtu tandis que les envolées spatiales de la trompette de Fresu nous portent haut. C’est du grand art qui réchauffe le cœur et l’âme. (La Voix Du Nord à propos du concert au Tourcoing Jazz festival)

Fantastique moment difficile à décrire..
TAF

 

Publié dans:Concert |on 1 novembre, 2016 |Pas de commentaires »

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