Archive pour septembre, 2016

Brooklyn Village….

Grève de la parole donc, pour Jake et Tony, qui à 13 ans sont les meilleurs amis du monde, depuis que le premier a déménagé de Manhattan à Brooklyn, à la faveur d’un héritage. Après le décès de son grand-père, ses parents viennent en effet de s’installer dans l’immeuble que celui-ci possédait, et qui héberge aussi une petite boutique de vêtements tenue par une femme d’origine latino-américaine, prénommée Leonor – la mère de Tony. Le conflit, élémentaire sur le papier mais d’une infinie complexité émotionnelle, se nouera autour d’un problème immobilier, une affaire de loyer augmentant dans un Brooklyn en pleine gentrification. Le sujet peut paraître ingrat mais c’est justement la force d’Ira Sachs de composer avec cette réalité mate pour en faire ressortir les quarante nuances (Forty Shades of Blue était le titre de son second long métrage).

Brooklyn1   Brooklyn2   Lien vidéo

Contrairement à son confrère Patrick Wang (In the Family, The Grief of Others), autre grand cinéaste cavellien (Stanley Cavell, grand philosophe du perfectionnisme moral), chez qui les questions domestiques se résolvent dans la longueur, par un travail (tout aussi fort) de ressassement et d’épuisement, Ira Sachs a tendance à couper le gras pour aller directement à l’os. Le premier favorise le cercle, le second s’épanouit dans la ligne, à peine fléchie, dans un cinéma de plus en plus précis, concis, limpide. Ce qui impressionne le plus dans Brooklyn Village, c’est la justesse et l’extraordinaire complexité du personnage de Leonor (Paulina García). Tout le casting est remarquable, notamment les enfants, et l’on ne dira jamais assez à quel point Greg Kinnear (Pour le pire et pour le meilleur, Deux en un, La Vie fantôme…) est un grand acteur sous-estimé, mais c’est bien la Chilienne (qu’on a pu apprécier dans Gloria de Sebastián Lélio) qui emporte le morceau. Reste finalement, au bord du champ de bataille, les deux enfants à l’orée de l’adolescence, victimes collatérales de cette sale guerre, qui trouveront dans l’art (l’acting pour l’un, la peinture pour l’autre) non pas matière à effacer la lutte des classes – la fin du film est d’une implacable lucidité là-dessus –, mais plutôt à la dépasser. Du moins à le tenter.

Journey in Brooklyn beside you, wonderful moment, one day we will walk in this town, ily

Publié dans:Cinéma |on 23 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

Mr Ove…..

Mr Ove, premier film de Hannes Holmes parvient à un équilibre parfait entre le rire grinçant et la tendresse délicate. Ce film suédois trouve un ton qui n’est pas sans rappeler celui du Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire de Felix Herngren (2014).

Mais qu’ont donc les personnages de films suédois pour si bien savoir nous faire sourire ? 20 Minutes s’est penché sur cette question…
Ils sont joués par des acteurs qui font bien la gueule : Rolf Lassgård, qui incarne le héros du film, a un look de vieux grincheux qui ferait passer le vieillard de Là-haut, dessin animé Pixar signé Pete Docter (2009) pour un modèle d’amabilité. Il est épatant en veuf acariâtre et maniaque qui mène la vie dure à ses voisins pour la moindre broutille.
Ils ont le sens des priorités : Ce charmant monsieur s’est brouillé avec son meilleur parce que la marque de sa voiture ne lui convenait pas. Après des années de guerre par véhicules interposés, ils ne se parlent plus ce qui n’a pas guéri notre héros de sa passion pour les voitures suédoises. Il continue à asticoter ceux qui ne roulent pas dans ses véhicules favoris.

MrOve1    MrOve  Lien vidéo


Ils ont un sens particulier de la fête : Mr. Ove, qui veut rejoindre sa femme décédée, passe son temps à essayer de se suicider. Pendaison, fusil et gaz d’échappement : rien ne lui réussit. Il se rate lamentablement ce qui finit par être fort rigolo ! D’autant plus qu’après chaque échec, il se rend sur la tombe de sa femme pour lui expliquer qu’il va bientôt arriver dans l’au-delà.
Ils ont leur franc-parler : Des répliques comme « Quelqu’un qui conduit une Audi, c’est avoir quatre zéros sur le radiateur et un au volant » ou « Le suicide n’est pas une sinécure » donnent une bonne idée des possibilités de repartie d’un homme désespéré qui s’humanise au fil de cette fantaisie.

What a delicious, marvellous movie , what a wonderful moment beside you. A great movie to smile, to laugh, to cry, so many différents feelings as all i have for you. JAD

 

 

Publié dans:Cinéma |on 16 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

Eternité….

Eternité n’est pas un film comme les autres. Tran Anh Hung, réalisateur de L’odeur de la papaye verte (1993) et La ballade de l’impossible (2011), fait partager la vie de femmes pendant plus d’un siècle au travers de petits moments de leur vie presque sans dialogue. Il s’est inspiré de L’élégance des veuves (Actes Sud) d’Alice Ferney pour cette fresque magnifique. « Mon film est très compréhensible bien qu’il puisse déstabiliser parce qu’il joue plus sur la sensation que sur la narration », confie-il. Le cinéaste ne se fâche pas quand on lui parle de l’influence de Terrence Malick sur son œuvre. « Je trouve que son film Le nouveau monde (2006) a ouvert la porte à une nouvelle écriture pour le cinéma en parvenant à un degré d’évocation poétique, estime Tran Anh Hung. Il a permis de faire le deuil de la psychologie pour laisser le spectateur être happé par ce qu’il voit. » Eternité montre ce que vivent ces personnages par petites touches impressionnistes en laissant les comédiennes – Audrey Tautou, Bérénice Bejo et Mélanie Laurent – évoluer comme dans un ballet pour faire ressentir leurs joies et leurs épreuves.

eternite_tree_of_life_0  Lien vidéo

Les êtres s’aiment, se perdent et se déchirent sans que la dramaturgie prenne une place prépondérante dans ce poème filmé au titre évocateur. « Il vient de Montherlant qui disait qu’éternité est l’anagramme d’étreinte mais, il n’a pas signification que de faire remarquer que la rencontre d’un homme et d’une femme débouche sur des enfants et en un cycle éternel », insiste le cinéaste. On ne s’ennuie pas une seule seconde tant le mouvement de la vie nous emporte dans un monde délicatement restitué. « J’ai choisi de ne montrer que des instants dans l’existence de mes héroïnes, comme s’il s’agissait de leurs souvenirs, et de laisser imaginer le reste », précise le cinéaste. Les comédiennes sont sublimées par des plans dignes de tableaux animés bouleversants. « Si le public sort de mon film en emportant un petit morceau de beauté, je serais heureux », conclut Tran Anh Hung. C’est totalement émerveillé qu’on quitte la salle de cinéma.

Nice, glad, biutiful moment beside you which i would like to be for eternity…

Publié dans:Cinéma |on 9 septembre, 2016 |Pas de commentaires »

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