Mandarines….

Le cinéaste géorgien Zaza Urushadze revient sur ce conflit du début des années 90. Une fable nommée aux Oscars, sur le besoin des hommes de se faire la guerre.Mandarines est le premier film à représenter l’Estonie aux Oscars. Il se déroule pourtant en Abkhazie, cette région du Caucase si mal connue de nous, Européens, que Géorgiens et séparatistes russes se sont disputée lors d’une guerre en 1992. Depuis cette date, l’Abkhazie s’est séparée de la Géorgie et cet État est uniquement reconnu par la Russie.

Alors pourquoi l’Estonie ? Parce qu’il existe depuis longtemps dans ces régions montagneuses bénéficiant d’un climat très doux une diaspora estonienne. Le réalisateur Zaza Urushadze de Mandarines a imaginé qu’en 1992, lors du déclenchement de cette guerre, deux vieux Estoniens qui consacrent tout leur temps à la récolte de leurs mandarines prêtes à être ramassées voient débarquer des Abkhazes séparatistes et des Géorgiens qui s’entretuent. Tout le monde reste sur le carreau sauf un combattant de chaque camp grièvement blessé qu’ils soignent sous le même toit. Désormais, les ennemis, convalescents, vont devoir cohabiter, se parler, manger à la même table, sous le regard neutre, mais sévère et inflexible, des deux Estoniens. Chaque soldat a donné sa parole de ne pas s’entretuer dans la maison, mais qu’en sera-t-il quand leurs sauveurs leur proposent de les aider à ramasser dehors toutes leurs mandarines ?

Mandarines1

Mandarines2  Lien vidéo

L’idée est brillante et le dispositif d’une simplicité biblique pour traiter d’un sujet éternel : le besoin des hommes de se faire la guerre. Urushadze s’amuse à le déjouer en imposant une coexistence forcée. On songe à Duel dans le Pacifique de John Boorman, mais un duel arbitré ici par deux sages malins et intransigeants. Rien d’idyllique, car les conversations des uns et des autres, duels verbaux où la drôlerie, l’humour, cohabitent avec la menace et la violence, ne cachent rien des travers et des pulsions belliqueuses de ces hommes qui ne pensent qu’à recommencer. Bref, une vraie découverte à double titre, politique, comme cinématographique.

Mõnusalt aega ma armastan sind

 

 

 

Publié dans : Cinéma |le 15 avril, 2016 |Pas de Commentaires »

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