Le coeur régulier…

Trop longtemps séparée de son frère, Alice se rend sur ses traces au Japon, dans un village hors du temps, au pied des falaises. Ici, Nathan avait retrouvé l’apaisement auprès d’un certain Daïsuke. C’est au tour d’Alice de se rapprocher du vieil homme, et de ses hôtes. Dans une atmosphère toute japonaise, elle se remet à écouter son cœur…En deux parties géographiquement distinctes et maîtrisées, la réalisatrice rend compte d’une oeuvre sans frontières entre une France dépeinte telle une terre d’exil, qui oppresse et que l’on rejette sans aucune attache matricielle, et un Japon insulaire esquissé tantôt comme l’accomplissement fatal d’une dépression d’où l’on se jette du haut de lugubres falaises, mais également décrit comme un lieu de recueillement et de renaissance qui se vit de frère en soeur, au fil de rencontres salvatrices, dans l’abandon de soi vers l’inconnu, ou plutôt les inconnus. Le personnage joué par Carré rencontre des êtres, souvent seuls, sans jugement et sans attente personnelle, si ce n’est la volonté de panser les bleus de l’âme des autres, par une écoute altruiste à la rareté réconfortante.

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Plus zen que mélodramatique, le film de Vanja d’Alcantara, d’une sobriété essentielle, s’imprègne intégralement de la culture nippone pour ne plus faire qu’un avec la cinématographie du Soleil Levant. Entre les éléments quasi surnaturels à la Hideo Nakata et la poésie crépusculaire à la Shohei Imamura, la cinéaste nous situe moins dans l’hommage culturel que dans l’assimilation transitoire des coutumes japonaises, délicates et intériorisées, embrassées pendant quelques jours par le personnage échoué d’Isabelle Carré.
A la dérive, totalement éteinte, égarée dans des paysages battus par des vents tempétueux, la quadragénaire sans perspective et à la douleur indicible, que l’actrice française incarne non sans grâce et surtout simplicité, retrouve, grâce à son périple japonais, les mots à la bouche et s’apprête, sûrement, à survivre aux pertes passées, qu’elles soient récentes (l’accident fatal de son jeune frère qui s’apprêtait à démarrer une nouvelle vie au Japon) ou lointaines (le poids destructeur de la mort des parents).

Avec lyre et passion, Vanja d’Alcantara offre à Isabelle Carré, formidable de sensibilité, l’une de ses meilleures composition et délivre, loin de tout matérialisme, un message providentiel qui éblouit par sa beauté. Tout simplement magnifique. My heart regular beats for you my JJJ-san..

Publié dans : Cinéma |le 1 avril, 2016 |Pas de Commentaires »

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