Archive pour avril, 2016

Mandarines….

Le cinéaste géorgien Zaza Urushadze revient sur ce conflit du début des années 90. Une fable nommée aux Oscars, sur le besoin des hommes de se faire la guerre.Mandarines est le premier film à représenter l’Estonie aux Oscars. Il se déroule pourtant en Abkhazie, cette région du Caucase si mal connue de nous, Européens, que Géorgiens et séparatistes russes se sont disputée lors d’une guerre en 1992. Depuis cette date, l’Abkhazie s’est séparée de la Géorgie et cet État est uniquement reconnu par la Russie.

Alors pourquoi l’Estonie ? Parce qu’il existe depuis longtemps dans ces régions montagneuses bénéficiant d’un climat très doux une diaspora estonienne. Le réalisateur Zaza Urushadze de Mandarines a imaginé qu’en 1992, lors du déclenchement de cette guerre, deux vieux Estoniens qui consacrent tout leur temps à la récolte de leurs mandarines prêtes à être ramassées voient débarquer des Abkhazes séparatistes et des Géorgiens qui s’entretuent. Tout le monde reste sur le carreau sauf un combattant de chaque camp grièvement blessé qu’ils soignent sous le même toit. Désormais, les ennemis, convalescents, vont devoir cohabiter, se parler, manger à la même table, sous le regard neutre, mais sévère et inflexible, des deux Estoniens. Chaque soldat a donné sa parole de ne pas s’entretuer dans la maison, mais qu’en sera-t-il quand leurs sauveurs leur proposent de les aider à ramasser dehors toutes leurs mandarines ?

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L’idée est brillante et le dispositif d’une simplicité biblique pour traiter d’un sujet éternel : le besoin des hommes de se faire la guerre. Urushadze s’amuse à le déjouer en imposant une coexistence forcée. On songe à Duel dans le Pacifique de John Boorman, mais un duel arbitré ici par deux sages malins et intransigeants. Rien d’idyllique, car les conversations des uns et des autres, duels verbaux où la drôlerie, l’humour, cohabitent avec la menace et la violence, ne cachent rien des travers et des pulsions belliqueuses de ces hommes qui ne pensent qu’à recommencer. Bref, une vraie découverte à double titre, politique, comme cinématographique.

Mõnusalt aega ma armastan sind

 

 

 

Publié dans:Cinéma |on 15 avril, 2016 |Pas de commentaires »

Une belle fin…

Uberto Pasolini, cinéaste inconnu en France, metteur en scène d’un obscur film inédit sur notre territoire Sri Lanka national hand ball team (2008), est surtout l’heureux producteur de Full Monty. Avec Une Belle Fin, il frappe d’un grand coup sur un sujet somme toute casse-gueule et inattendu, évoquant parfois Un illustre inconnu de Matthieu Delaporte. Il nous immisce ainsi dans la vie apparemment grisâtre d’un fonctionnaire londonien travaillant dans un service chargé de retrouver les proches de disparus sans familles apparentes. Le récit prend le cours des événement à rebours en tirant l’histoire du côté du conte. Ici pas de pathos mais une profonde empathie pour l’humain. Eddie Marsan contribue énormément à la réussite de cette entreprise funeste, admirable dans un rôle à contre-emploi des vilains qu’il jouait à répétition, notamment dans Gangs of New York de Scorsese, Hancock de Peter Berg, La disparition d’Alice Creed de J. Blakeson, ou encore dans Be Happy de Mike Leigh, où il prêtait ses traits à un moniteur d’auto-école acariâtre et frustré, à la négativité aux antipodes du personnage qu’il interprète dans Une Belle Fin. Grâce à un jeu tout en sobriété et en intériorité, l’acteur démontre l’étendu d’un talent d’exception, entièrement au service d’un personnage a priori terne qu’il joue, paradoxalement, avec incarnation.

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Le film lorgne vers La vie fabuleuse d’Amélie Poulain de Jean Pierre Jeunet en s’aventurant sur les terres de la poésie et d’une certaine fantaisie, affirmant la promesse d’un moment de pur bonheur, tout en nous émouvant dans ce portrait brossé d’une société de la fracture où l’oubli guette. On en ressort serein, une fois éloigné des ressorts du psychodrame sordide d’un certain cinéma social britannique dont Uberto Pasolini a su se défausser pour élaborer le plus bel hymne à la vie.

Moment formidable, i would like to see this movie beside you…

Publié dans:Cinéma |on 10 avril, 2016 |Pas de commentaires »

Le coeur régulier…

Trop longtemps séparée de son frère, Alice se rend sur ses traces au Japon, dans un village hors du temps, au pied des falaises. Ici, Nathan avait retrouvé l’apaisement auprès d’un certain Daïsuke. C’est au tour d’Alice de se rapprocher du vieil homme, et de ses hôtes. Dans une atmosphère toute japonaise, elle se remet à écouter son cœur…En deux parties géographiquement distinctes et maîtrisées, la réalisatrice rend compte d’une oeuvre sans frontières entre une France dépeinte telle une terre d’exil, qui oppresse et que l’on rejette sans aucune attache matricielle, et un Japon insulaire esquissé tantôt comme l’accomplissement fatal d’une dépression d’où l’on se jette du haut de lugubres falaises, mais également décrit comme un lieu de recueillement et de renaissance qui se vit de frère en soeur, au fil de rencontres salvatrices, dans l’abandon de soi vers l’inconnu, ou plutôt les inconnus. Le personnage joué par Carré rencontre des êtres, souvent seuls, sans jugement et sans attente personnelle, si ce n’est la volonté de panser les bleus de l’âme des autres, par une écoute altruiste à la rareté réconfortante.

Coeurreg1  Coeurreg2

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Plus zen que mélodramatique, le film de Vanja d’Alcantara, d’une sobriété essentielle, s’imprègne intégralement de la culture nippone pour ne plus faire qu’un avec la cinématographie du Soleil Levant. Entre les éléments quasi surnaturels à la Hideo Nakata et la poésie crépusculaire à la Shohei Imamura, la cinéaste nous situe moins dans l’hommage culturel que dans l’assimilation transitoire des coutumes japonaises, délicates et intériorisées, embrassées pendant quelques jours par le personnage échoué d’Isabelle Carré.
A la dérive, totalement éteinte, égarée dans des paysages battus par des vents tempétueux, la quadragénaire sans perspective et à la douleur indicible, que l’actrice française incarne non sans grâce et surtout simplicité, retrouve, grâce à son périple japonais, les mots à la bouche et s’apprête, sûrement, à survivre aux pertes passées, qu’elles soient récentes (l’accident fatal de son jeune frère qui s’apprêtait à démarrer une nouvelle vie au Japon) ou lointaines (le poids destructeur de la mort des parents).

Avec lyre et passion, Vanja d’Alcantara offre à Isabelle Carré, formidable de sensibilité, l’une de ses meilleures composition et délivre, loin de tout matérialisme, un message providentiel qui éblouit par sa beauté. Tout simplement magnifique. My heart regular beats for you my JJJ-san..

Publié dans:Cinéma |on 1 avril, 2016 |Pas de commentaires »

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