Midnight Spécial…

Alton, 8 ans et séquestré pendant deux ans dans une communauté sectaire, est enlevé par son père. L’enfant a des pouvoirs extraordinaires qu’il a du mal à maîtriser. Il ne peut pas être exposé à la lumière du jour, car il est pris de convulsions aux effets dévastateurs. Ses yeux lancent alors des faisceaux lumineux destructeurs. Roy, son père, veut le mettre à l’abri et découvre que l’enfant est chargée d’une mission. Accompagné de Lucas, un policier et ami d’enfance, et de Sarah, la mère de son fils, il tente d’échapper aux autorités qui les pourchassent dans tout le pays. Alton découvre que son destin ne lui appartient plus…

Drôle de cavale, où la mélancolie le dispute à l’action. De motels crépusculaires en cascades sur le bitume, Jeff Nichols joue sur tous les tableaux : la complexité des sentiments, autant que le vertige du spectacle. Du plus délicat au plus fracassant, des demi-teintes et demi-mots du cinéma indépendant au surgissement démesuré du merveilleux, ce film atypique change peu à peu de registre et d’ampleur : c’est une incursion très personnelle sur les terres de la science-fiction. L’enfant a des pouvoirs. Il est hanté par une force surnaturelle, écho d’un ailleurs inconnu, vers lequel le récit roule à tombeau ouvert. Pour son quatrième long métrage, le réalisateur joue avec les codes du genre, emprunte ses voies rapides — suspense, hypothèses et révélations — et ses chemins oubliés — effets spéciaux un peu « vintage », volontairement artisanaux, presque bricolo, hommage à la SF des années 70-80.

Midnight1  Midnight2  Lien vidéo

 

Mais, au-delà des explosions de lumière, des secousses telluriques et autres bizarreries ébouriffantes — ne pas manquer l’extraordinaire chute d’un satellite sur une station-service —, Jeff Nichols poursuit les mêmes thèmes. Où l’on retrouve son acteur fétiche, le poignant et sourcilleux Michael Shannon dans le rôle du père, mais aussi ses obsessions. Comme dans Take shelter, il est question de l’amour filial, ce gouffre d’angoisses, et d’un père de famille face à la nécessité de laisser son enfant s’émanciper, malgré la violence du monde. Comme avec Matthew McConaughey, le héros idéaliste et marginal de Mud, le cinéaste fait aussi la part belle à la foi, poétique, totale, insensée. Les parents d’Alton (Kirsten Dunst, tout en retenue, joue la mère, embarquée en chemin), les membres de la secte, et même la police, tous courent vers quelque chose qui les dépasse, qui nous dépasse. Ne comptez pas sur Jeff Nichols pour dévoiler la totalité du mystère. Il l’a voulu trop grand pour ses personnages, largement ouvert à l’imagination de ses spectateurs. C’est à la fois passionnant — une espèce d’ode fervente et douloureuse à l’inconnu — et presque naïf, dans la vision finale grandiose et clinquante d’un autre monde. Un mélange de toc et de rêveuse exaltation qui rappelle à dessein un grand classique du genre signé Spielberg, Rencontres du troisième type

A fantastic movie for a magic moment beside you…

Publié dans : Cinéma |le 18 mars, 2016 |Pas de Commentaires »

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