Félix et Meira…

La vie de Meira est réglée, codifiée, ritualisée. Félix, lui, est flottant, désinvolte, il vit dans une liberté qui confine à la vacance. Ces deux-là habitent le même quartier de Montréal. Mais ils pourraient aussi bien être dans deux systèmes solaires différents : elle parle yiddish, elle est mariée, mère d’une toute petite fille, appartient corps et âme à la communauté juive ultra orthodoxe de la ville. Lui, francophone, québécois pur sirop d’érable, est l’héritier rebelle et prodigue d’un riche bourgeois, longtemps détesté, qui vient de mourir. C’est ce deuil difficile qui, contre toute attente, pousse l’athée tourmenté à aborder cette passante farouche, planquée sous sa perruque et ses vêtements noirs. Félix a des questions sur Dieu, sur la mort, et beaucoup de temps libre. D’abord réticente, Meira se laisse peu à peu apprivoiser. Parmi les histoires d’amour impossibles, celle-ci est l’une des plus délicates, des plus sensibles qu’on ait vues depuis longtemps. Le réalisateur suit, sans se presser, sans jamais caricaturer, la discrète mais inexorable échappée belle d’une femme hors de son carcan natal. Il sème, l’un après l’autre, les infimes indices de sa rebellion
Félix et Meira, Affiche  Lien vidéo

Ce lien entre Félix et Meira contre l’ennui, l’immobilité et la mort, les pousse vers une vie désirée, mais incertaine. Le film est d’autant plus émouvant qu’il se fonde sur un échafaudage d’instants minuscules, de transgressions furtives : des regards qui osent se croiser, un pas de danse, une perruque qu’on finit par ôter, dans un moment d’une intimité inouïe. Pour soutenir cette mise en scène, il fallait des interprètes à la hauteur, capables de vibrer en sourdine : Martin Dubreuil et son attachante bouille de clown triste et Hadas Yaron, dont la beauté sensible et enfantine semble éclore, peu à peu, sous nous yeux.
La communauté hassidique de l’extrême à ultra extrême.
On les reconnaît à leurs vêtements, souvent un peu trop sobres pour de si jeunes femmes, et à ces cheveux synthétiques qui camouflent discrètement leurs boucles lustrées. Il y a aussi le groupe d’enfants à leurs trousses; des enfants par dizaines,. Même si elles sont moins stigmatisées que les hommes de leur religion, leur bonheur spirituel leur permettant de passer outre l’ignorance et le contraste face à la modernité est particulièrement saisissant.
Le quotidien des Juives hassidiques est un isolement presque total. Les principes de Shidduch, c’est-à-dire la tradition du mariage « arrangé », sont toujours pratique courante, et les relations sexuelles avant le mariage sont interdites. Elles ne peuvent pas exhiber leurs cheveux à d’autres yeux que ceux de leur mari (elles portent donc des perruques dès qu’elles passent le seuil de la porte), elles portent des vêtements très couvrants, même en pleine canicule, et elles font des enfants beaucoup d’enfants tant que leur corps le leur permet.
Un après midi emplie de paix, de retenue, magnifique journée…Shalom…
Publié dans : Cinéma |le 6 février, 2015 |Pas de Commentaires »

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