The Grand Budapest Hotel….

The Grand Budapest Hotel : Un écrivain célèbre se remémore sa rencontre avec Zero Moustafa, le mélancolique propriétaire d’un grand hôtel décati au coeur de l’Europe centrale. Autour d’un dîner, monsieur Moustafa, qui fut l’homme le plus riche de la République de Zubrowka, raconte ses débuts, en 1938, comme lobby boy, dans les couloirs du Grand Budapest Hotel alors au comble de sa gloire. Le concierge, le charmant, badin et prolixe monsieur Gustave le prit sous son aile. L’une des clients attitrées de l’hôtel, l’antique madame D, l’une de ses innombrables vieilles maîtresses, lui légua un tableau de la Renaissance d’une immense valeur. Une cascade d’aventures rocambolesques, sur fond de montée du péril totalitaire, s’ensuivit…

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Un vieil écrivain se souvient de sa rencontre avec le mystérieux propriétaire du Grand Budapest Hotel, au temps du communisme. Puis on plonge délicieusement dans le récit de jeunesse de ce propriétaire, dans l’entre-deux-guerres. Une telle narration en spirale rappelle certaines nouvelles de Stephan Zweig ? C’est la référence revendiquée par le cinéaste pour cet univers raffiné, une station thermale haut perchée, « à la frontière la plus orientale de l’Europe ». Un monde qui jette ses derniers feux Belle Epoque, cerné par la menace du fascisme. Et qui s’incarne à merveille dans le concierge du Grand Budapest : M. Gustave (Ralph Fiennes, superbe), tout dévoué au maintien d’un art de vivre à l’ancienne, toujours flanqué de son disciple, le petit groom sans famille prénommé Zero. Le récit avance à toute vitesse, confirmant l’adresse du cinéaste pour les situations cartoonesques — avec, désormais, des effets spéciaux spec­taculaires — mais aussi un penchant troublant pour la chute incontrôlée, l’étourdissement, le vertige. Plus d’une fois, les héros se retrouvent suspendus au-dessus du vide Le professionnalisme et la généro­sité de M. Gustave le conduisent dans le lit des clientes les plus âgées et les plus fidèles du palace. En retour, elles l’élisent comme leur grand amour, voire leur unique légataire. De là découleront de folles complications, incluant vol de toile de maître, emprisonnement, filatures, poursuites, meurtres. Au passage, Madame D. (clin d’oeil évident à Max Ophuls), la vieille maîtresse énamourée et octogénaire jouée avec génie par Tilda Swinton, ouvre le défilé impressionnant de rôles secondaires ou infimes tenus par des stars, de Jude Law à Adrien Brody, de Léa Seydoux à Owen Wilson, de Bill Murray à Mathieu Amalric. Autant de petits happenings dont Wes Anderson a le ­secret : ces acteurs en visite prennent très à coeur leur partition, capables d’une intensité inversement proportionnelle à la durée de leur présence. Dans cette histoire-ci, l’imminence de la guerre et l’ombre du nazisme donnent une résonance particulièrement émouvante à la futilité dandy du héros, qui est aussi, bien sûr, celle de Wes Anderson. La grande tenue de M. Gustave, son extrême politesse, son excentricité sexuelle (« Je couche avec tous mes amis ! »), le nuage de parfum qui l’entoure (« L’Air de panache », en français dans le texte) : autant de remparts dérisoires contre la brutalité en marche. Parfois un miracle se produit : le chic s’offre une petite victoire temporaire. Quand M. Gustave se retrouve injustement incarcéré, les gardiens qui contrôlent les colis des prisonniers en éventrant les victuailles renoncent soudain à leur vigilance, face aux merveilleuses, aux délicates pâtisseries Mendl’s, fournisseur attitré du Grand Budapest… L’élégance sans faille d’un artisanat pour conjurer l’obscurité : c’est tout le charme, une fois encore, du cinéma de M. Wes.

 

 

Publié dans : Cinéma |le 22 mars, 2014 |Pas de Commentaires »

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