EO (HI-HAN)….

Le monde est un lieu mystérieux, surtout vu à travers les yeux d’un animal. Sur son chemin, EO, un âne gris aux yeux mélancoliques, rencontre des gens bien et d’autres mauvais, fait l’expérience de la joie et de la peine, et la roue de la fortune transforme tour à tour sa chance en désastre et son désespoir en bonheur inattendu. Mais jamais, à aucun instant, il ne perd son innocence. Le rapport d’annihilation qu’entretient l’homme à la nature et à la faune est évidemment au cœur du récit. Représentant d’un monde animal exploité et sacrifié, EO est le témoin d’une violence humaine gratuite et totalement absurde à son égard et celle de ses congénères. Si un tel discours ne révolutionne rien en soit, il permet malgré tout au réalisateur d’offrir une variation de regard plutôt pertinente sur les maux qui animent les consciences au XXIème siècle

EO2 EO

Pour traiter son sujet, Skolimowski multiplie les audaces et expérimentations visuelles, prenant constamment son spectateur de revers avec de nouvelles idées de cinéma toutes les cinq minutes. D’une peinture faussement naturaliste de la campagne polonaise à des élans malickiens pour filmer la nature, le long métrage propose quantité d’images fortes et fulgurances (à la fois visuelles, sonores et musicales) et n’hésite jamais à opérer des ruptures de ton pour faire avancer son récit vers des contrées inconnues. On sent que les travaux en peinture sur lesquels le cinéaste s’est concentré ces dix dernières années ont considérablement influencé la gestation de EO. Ainsi, le film se permet de glisser sans crier gare dans une pure imagerie de conte horrifique lors d’une escapade nocturne en forêt, avant de basculer dans des visions de terreur stroboscopique sous acide qui prennent subitement le spectateur à la gorge et aux tripes. Fable animiste, conte métaphysique et cauchemar onirique, EO est un peu tout cela à fois. C’est avant tout une expérience de cinéma hallucinée et hallucinante dans laquelle Skolimowski démontre une vivacité cinématographique rare, sur une durée ultra resserrée d’une heure vingt-six ! Un trip viscéral, immersif et total qui ne trouve que peu d’équivalent dans le paysage cinématographique actuel, et qui par conséquent fait un bien fou.

Your hand always in my hand during the movie, i miss you, i love you

Publié dans : Cinéma | le 11 novembre, 2022 |Pas de Commentaires »

Anouar Brahem ..

Grand maître du oud et virtuose du décloisonnement des genres, Anouar Brahem revient à Nantes pour le grand concert de rentrée du parcours Jazz en phase à La Cité des Congrès. Un chant vital, célébrant des noces mille fois fantasmées entre Orient et Occident !

anouar-brahem-qtet2

À la croisée des musiques arabes classiques, du jazz, des sophistications harmoniques de l’écriture savante occidentale et des raffinements formels des cultures orientales traditionnelles, la musique d’Anouar Brahem propose une rencontre d’une infinie sensualité. Près d’une douzaine d’albums, tous parus chez ECM, jalonnent la carrière internationale du joueur de Oud qui retrouve ici le quartet historique avec lequel il enregistra entre autres The Astounding Eyes of Rita. Dans un répertoire mêlant des compositions du groupe, plus vivace et créatif que jamais après dix années de complicité, et des morceaux empruntés à des albums plus anciens, Anouar Brahem pose un regard neuf sur son univers.

anouar-brahem-qtet

Une coréalisation La Cité des Congrès de Nantes, La Soufflerie scène conventionnée de Rezé, Le Théâtre de la Fleuriaye Carquefou, Le Grand T théâtre de Loire-Atlantique, le lieu unique centre de culture contemporaine de Nantes, Théâtre ONYX scène conventionnée de Saint-Herblain, le Piano’cktail théâtre municipal de Bouguenais, Les Rendez-vous de l’Erdre, Cap Nort à Nort-sur-Erdre, l’espace culturel Capellia à La Chapelle-sur-Erdre, Pannonica

Un spectacle proposé dans le cadre de Jazz en phase, le parcours

Distribution

Oud : Anouar Brahem
Clarinette, saxophone : Klaus Gesling
Basse : Bjorn Meyer
Percussions, darbouka, bendir : Khales Yassine

So, so wonderful music, so great Klaus, so amazing romance, romantic, a delicious travel with you hand in hand. ILY

 

Publié dans : Concert | le 16 octobre, 2022 |Pas de Commentaires »

Poulet Frites

Strip Tease est de retour ! Dans ce nouveau long-métrage, une prostituée bruxelloise est assassinée à son domicile. Alain, son ex-compagnon boucher et junkie notoire, semble être le coupable idéal. Toutefois, le jeune suspect ne se souvient absolument pas d’avoir tué cette femme. Une pièce à conviction va alors tout chambouler : une frite !

Poulet Frites marque une nouvelle étape dans l’introspection de l’ancien format franco-belge, puisqu’il s’agit d’un remontage en noir et blanc de trois épisodes de 52 minutes tournés il y a au moins quinze ans, originellement en couleur et appelés Le flic, la juge et l’assassin. Au sein des personnes-personnages présents à l’écran, se trouve l’emblématique Anne Gruwez, juge d’instruction vue dans Ni juge ni soumise, déjà compatissante et au regard toujours plein de malice. A peine le film commence, tout aficionado de l’émission se sent en terrain conquis.

Il faut dire que Poulet Frites s’amuse à dérailler pour embrasser pleinement les codes du Film Noir. Son schéma narratif avance d’indice en indice ; ses policiers sont juste caractérisés comme tel, menaçants et un peu bourrus plongeant dans un réseau de prostitution belge ; son beau noir et blanc très prononcé étalonné par Julien Blanche marque l’ambiance du récit et présente les carnations évolutives des individus au fur et à mesure qu’ils se noient dans la mémoire défaillante des principaux suspects – un comble, pour un re-modélisation du montage.

PouletF1

Néanmoins, si le film semble remonté pour tenir sur ses rails, il ne manque pas d’égratigner par pur désir de transgression l’institution policière belge et leur entente avec les autorités internationales. Souvent agressives, guidées par des stéréotypes peu reluisants, les forces de l’ordre émettent des petits commentaires moqueurs peu emballants que Hinant et Libon relèvent à la manière de clins d’œil anar. Cela surligne la violence sociale qui touche les quartiers les plus défavorisés de Belgique, où s’entassent les minorités ethniques, les drogués sans le sou ou les sans domicile fixe. A vrai dire, au-delà de l’enquête, ce sont ces petites gens qui crèvent l’écran. Leurs personnalités souvent lunaires, leurs maladresses verbales et leurs difficultés d’appréhension ou de compréhension du contact social en font de grands personnages de cinéma. Ils sont touchants mais suspects par nature, on doute évidemment d’eux mais leurs gestes gauches créent une grande tendresse. La ligne éditoriale de la série originelle est donc bien présente, puisque ce portrait de gueules cassées n’a pas pour but d’être mesquin ; il dévoile une profonde humanité qui déborde du cadre.

PouletF2     Lien vidéo….

Le plus étonnant à cela est que ce remontage de pellicules de la décennie précédente a pour résultat de rester atemporel pour un spectateur une quinzaine d’années après. La belle remasterisation des images et le vocabulaire technique encore pertinent en 2022 rendent grâce à cette sensation de présentation d’éléments qui n’ont toujours pas changé à l’heure actuelle. Certes, si le matériel électronique a su se perfectionner, leur utilisation reste sensiblement la même et les interrogatoires tournent toujours autour des mêmes enjeux. C’est par ce prisme que, par extension, Strip Tease reste une émission d’avant-garde qui ne craint jamais d’affronter son passé, de se replonger dans ses archives tout en conservant ce même désir d’absurde et de folie qui dépasse les réalisateurs autant que les protagonistes dans le champ.

Nice diner, nic movie, nice day as usual beside you. Thanks for the cinéma. ILY

 

Publié dans : Cinéma | le 7 octobre, 2022 |Pas de Commentaires »
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